Posté le 17.07.2008 par blackangel822002
L'homme rompit enfin le silence qui devenait trop pesant pour moi, la curiosité ayant laissé place à l'angoisse. Les deux jeunes femmes étaient toujours nues et immobiles sur le lit, le sang s'échappant des trous dans leurs cous ayant taché les draps. Il ne m'était pas venu à l'idée au début qu'elles puissent être mortes. L'homme me promit la fortune et le succès auprès des femmes si je le rejoignais. Allêché par cette proposition, je buvais ses paroles qui me paraissaient aussi douces et enivrantes que le vin que servait le tavernier. J'étais complètement envouté par ses paroles, je me levai de ma chaise comme un pantin pour m'approcher du lit où reposait les corps inanimés des deux jeunes catins.
Je glissai mes mains sur le corps de l'une d'elle et sentit comme sa peau était froide. Je me rendis seulement compte que sa poitrine ne bougeait plus du tout, signe qu'elle ne respirait plus et que son coeur ne battait plus. Elle était morte avant que je ne pénètre dans cette chambre et je ne m'en rendais compte seulement après l'avoir touché. Quel idiot je faisais de mettre ainsi jeté dans les mains d'un tueur, au plein milieu d'une de ses tueries. Il me demandait de me débarasser des corps des deux jeunes catins, ce que je ne pouvais lui refuser sans que je ne sache pour quelle raison.
Je revêtit les cadavres de leurs tenues de catins, provocantes à souhait, puis les asseoit sur le lit, l'une contre l'autre pour qu'elles tiennent dans cette position. Je pris la bougie allumée qui était posée sur une table au milieu de la pièce et mis le feu aux draps puis au tapis qui recouvrait le sol et y laissa la bougie. Ensuite je sortis de la pièce en courant, criant au feu et m'excusant auprès de l'homme qui me suivait le regard haineux d'avoir fait irruption dans la pièce et d'avoir fait tombé la bougie sur le tapis. Je descendis les escaliers à reculon, terrorisé par l'homme qui avançait sur moi d'un pas décidé, ses yeux me lançant des éclairs. Le tavernier regardait bouche-bée la scène, alors que je sortai de la taverne lui promettant d'aller chercher de l'aide pour éteindre le feu qui se propageait dans la chambre, l'homme me suivant toujours. Une fois la porte franchie, je m'arrêtai, laissant l'homme me rejoindre, le sourire aux lèvres, mais courroucé par la manière dont je m'étais débarassé des corps, le fait que je les brûle le gênant.
Il m'entraîna dans les ruelles sombres des bas-fonds de la ville où trainaient les coupes-jarrets, les catins dont personne ne voulait et les mendiants. Il me demanda de désigner celui ou celle qui me faisait le plus pitié. Je lui montrai un cul-de-jatte dans une caisse à savon qui tenait une tasse en fer contenant quelques piécettes car je ne voyais pas comment un homme si réduit que cela pouvait réussir à vivre en ce bas monde. L'homme s'approcha du mendiant, se pencha pour lui donner quelques pièces mais au lieu de cela il l'attrapa, lui serrant la gorge et le portant à ses lèvres, il mordit dans la chair de son cou et le vida de son sang devant mes yeux. Je ne pus que regarder la scène terrorisé devant la force de l'homme que j'accompagnais. Il reposa le corps sans vie du cul-de-jatte dans sa caisse à savon puis nous reprimes notre chemin, pour nous arrêter devant une grande batisse à l'écart de la ville où il ne semblait y avoir aucune âme qui vive.
--
Posté le 17.07.2008 par blackangel822002
Je me rappelle encore la première fois que je l'ai vu, assis entre deux jeunes catins, fort de son charme irrésistible, dans la force de l'âge. Sa peau luisait étrangement sous l'éclairage de la multitude de bougies plantées sur le lustre au coeur de la taverne. Ses yeux paraissaient traverser la peau et la chair pour lire au plus profond de notre être. Il était richement vêtu avec sa chemise à jabot, sa veste de velours noir tout comme son pantalon et il était chaussé de bottes de cuir. Il dépensait sans compter, faisant boire plus que de raison les deux catins tandis que lui n'avait pas touché à son verre de vin. Je ne parvenais pas à détacher mon regard de lui, envieux de ses vêtements, de son argent et de son succès auprès des femmes.
Je le suivis du regard lorsqu'il monta à l'étage, les catins fortement émêchées aux bras, et rejoignit une chambre qu'il avait payé pour la soirée. Il referma la porte et disparut de ma vue, rompant le charme, et je fis aller mon regard de droite à gauche pour voir se que faisait les autres clients de la taverne. Des habitués, pour la plupart; qui jouaient aux dés ou aux cartes, échangeant des piques de vive voix. Pas la moindre personne ne me prêtait attention, à moi le fils du boucher, je me sentais transparent, voire même invisible. Vu que personne ne se préoccupait de moi, je me faufilais à l'étage, marchant lentement sur le plancher pour éviter tout grincement des planches en bois. Je me mis à genou devant la porte de la chambre où étaient entrés l'homme et les deux jeunes catins, collai mon oreille à la porte sans entendre le moindre son.
Je regardai par le trou de la serruer et aperçut les jeunes femmes dévêtues, couchées sur le lit, mais ne vit nulle part l'homme. Alors que je continuais de zieuter par la serrure, la porte s'ouvrit en grand, m'affalant à plat ventre dans la chambre. L'homme referma la porte puis prit place sur un fauteuil près d'une fenêtre. Sans qu'il n'ouvre la bouche, je l'entendis m'inviter à prendre place sur le fauteuil face au sien. En m'approchant, je jetais un regard sur les corps dévêtus sur le lit, n'ayant jamais vu de corps de femme auparavant. Deux petits trous, d'où coulaient quelques goutelettes de sang, mirent mes sens en alerte, m'implorant de faire demi-tour et de fuir cette chambre, ce que je ne fis pas et pris place dans le fauteuil. Je fixais maintenant l'homme qui, la tête posée sur son poing fermé, me regardait en silence. De longues minutes passèrent sans que je n'ose rompre ce silence, l'homme paraissait plonger dans une intense réflexion.
Posté le 17.07.2008 par blackangel822002
Tant de vies envolées
Tant de veuves éplorées
Cruel jeu que la guerre
Pour quelques lopins de terre
Tant de cris de terreur
Tant de moments d'horreur
Pour la joie des puissants
Qui se battent tels des tyrans
Tant d'enfants orphelins
Tant de pères défunts
Adieu les rires cristallins
Chassés par tant de chagrin
Tant de monstres inhumains
Tant de sang sur leurs mains
Accablant le monde de tristesse
Nous enfonçant dans la détresse
Tant de temps écoulé
Tant de siècles passés
N'ont rien appris du tout
Aux hommes qui détruisent tout
Posté le 11.07.2008 par blackangel822002
Dans une chapelle, un prêtre change les cierges qui se sont entièrement consumés et en allume de nouveau, tournant le dos à l’entrée où une silhouette se découpe, son ombre projetée sur le sol de pierre par la faible lumière provenant de l’extérieur. Le prêtre, qui ne s’est pas rendu compte qu’il a de la visite, se laisse aller à ses pensées, qui feraient fuir tous les croyants qui assistent à ses sermons, un sourire carnassier sur les lèvres. La silhouette s’enfonce silencieusement au cœur de la chapelle, se rapprochant du prêtre, le fixant avec dégoût et haine. Le prêtre, ayant fini de changer ses cierges, se tourne et découvre cette personne qu’il n’avait pas entendu entrer.
- Entrez mon fils, vous êtes en la maison du Seigneur. Que puis-je faire pour vous ?
La silhouette fait un signe de négation de la tête en s’approchant plus encore du prêtre. Ce dernier, qui commence à prendre peur en découvrant le regard haineux de la silhouette, recule sans pouvoir détacher son regard de cet étranger qui s’avance sur lui avec détermination. A force de reculer, il se cogne contre l’autel et fait tomber les cierges sur la nappe qui en recouvre le marbre froid. Les flammes des cierges boutent le feu à la nappe avant que les flammes ne s’attaquent aux habits du prêtre. L’étranger l’a maintenant rejoint et se tient droit devant lui.
- Te voici devant la main purificatrice de Dieu. Tu vas être puni pour tous les crimes que tu as commis. Tu as sali ce lieu de culte en violant tous ces jeunes enfants. Tu vas connaître le tourment éternel dans les flammes de l’enfer. Mais avant, ressens la douleur que tu as infligé à ses âmes innocentes.
L’homme attrape le prêtre par la tête, posant ses mains sur les tempes dégarnies de celui qu’il vient châtier sans prêter attention aux flammes qui lèchent la peau de l’homme d’église. Il fait revivre au prêtre toute la douleur que les enfants ont ressentit lorsqu’il les a violé, puis de ses doigts lui enfonce les yeux dans les orbites. Le prêtre, maintenant aveugle et rongé par la douleur rassemblée de toutes les souffrances qu’il a infligé aux enfants, se débat pour faire lâcher prise au purificateur et éteindre les flammes qui ont consumé ses vêtements et qui brûlent maintenant sa peau. L’homme le lâche et le regarde avec dégoût se rouler par terre pour éteindre le feu qui le ronge, du sang s’écoulant avec force de ses orbites. L’homme fait un signe de croix avec sa main gauche puis prononce quelques mots.
- Que ton âme soit tourmenté durant l’éternité et ne trouve jamais le repos dans les flammes de l’enfer. Tel est ta destinée.
L’homme attrape le prêtre et l’enferme dans le confessionnal puis prend un cierge allumé et y met le feu, condamnant le violeur d’enfants à brûler vif dans ce lieu où se confessait les gens. Mais le prêtre lui ne pourra recevoir l’absolution pour ses pêchés en ce lieu. Le purificateur tourne le dos à ce spectacle et quitte la chapelle, laissant résonner les hurlements de douleurs du prêtre entre les murs froids de pierre, puis disparaît au cœur de la nuit.
Posté le 10.07.2008 par blackangel822002
Le soleil se lève à l'horizon, chassant petit à petit l'obscurité où règne en maître bon nombre de créatures que la plupart des hommes ne voudrait rencontrer. La lumière orange du soleil levant baigne le corps d'un jeune homme allongé sur le rebord d'un immeuble flirtant avec les nuages. Ce jeune homme a les yeux à demi-ouverts et débordant de larmes, troublant son regard porté vers l'étendue infinie que représente le ciel. Ses pensées sont tournés vers la mort, qu'il désire ardemment, cherchant le courage de se laisser tomber sur le sol goudronné de la rue. Il a abandonné tout espoir en la vie, toutes ses illusions piétinées les unes après les autres par la dure réalité de ce monde en putréfaction.
Il tient dans ses mains une rose rouge ainsi qu'une chaîne après laquelle pend un pendentif représentant un demi-coeur. Quelques goutelettes de sang s'écoulent le long de ses doigts tant il serre fort la tige, des épines lui piquant la paume. Le demi-coeur semble brisé comme l'est le sien, déchiré par le chagrin, la perte de sa plus grande illusion l'amour éternel car il ne peut en être ainsi condamné dès la naissance à mourir comme le sont les hommes et les femmes. L'autre moitié de ce pendentif est maintenant six pieds sous terre, autour du cou de celle qu'il aime mais que la mort lui a arraché. Il espère la retrouver en mettant fin à sa vie qui n'aura été que désillusion jusqu'à son terme.
Une faible lueur apparaît à ses côtés sur le toit, puis il entend un léger murmure qui ressemble fortement à son nom. Il tourne la tête vers l'origine de la lueur et de la voix, pour découvrir debout à ses côtés un être tout de blanc vêtu, le visage plein de douceur et d'amour. Cet être, qui se tient ainsi près de lui, n'est autre qu'un ange, muni de grandes ailes blanches, qui tend les mains vers lui, l'implorant de ne pas faire le mauvais choix. Le jeune homme, complètement abasourdi, secoue la tête en se redressant, ne croyant pas ce qu'il voit. Il lâche la rose ainsi que la chaîne qui rejoignent le sol à quelques centaines de mètres sous eux, la fleur tombant plus lentement telle une plume alors que le bijou chute tel une enclume. L'ange lui sourit en le voyant se relever et quitter le rebord puis le prend par les mains et l'attire au centre du toit, là où tout faux mouvement n'entrainera pas une chute mortelle.
- Que croyais-tu faire en sautant de cette auteur ? Tu espérais rejoindre ta bien-aimée sans qui ton coeur est déchiré ? Cette solution ne t'y aurait jamais conduit. N'as-tu donc jamais appris que le suicide conduit en enfer ?
Se sentant tel un enfant qui se fait réprimander par un professeur, le jeune homme baisse la tête n'osant dire le moindre mot. Il finit enfin par relever la tête et fixe le regard de l'ange, qui semble pouvoir percer son esprit tant il est profond. L'ange sort quelque chose de sa manche et le tend au jeune homme, cela semble être un morceau de parchemin.
- Je ne devrais pas faire ça, Il nous l'interdit mais votre bien-aimée tenait absolument à ce que je vous donne ceci car elle savait que vous voudriez mettre un terme à votre vie. Prenez bien le temps de lire et de vous imprégnez de ce qu'elle vous a écrit sur ce parchemin.
Le jeune homme déroule le parchemin et commence la lecture à voix haute, les larmes coulant le long de ses joues dans un torrent qui semble intarissable.
- Mon tendre amour, sache que la mort n'est pas la fin de toute chose et qu'au-delà, la vie prend un nouveau départ mais nos souvenirs et nos émotions passées restent entiers. Mon amour pour toi a traversé la lumière qui m'a mené vers ma nouvelle demeure et mon âme reste toujours lié à la tienne. Je ressens tes joies. J'éprouve tes peines. Je ne fait qu'un avec toi, même si la mort nous a séparé, nous ne sommes qu'un seul et immortel amour. Oui l'amour est éternel, c'est bien ce que je veux que tu comprennes. Tu dois continuer de vivre au nom de notre amour et ne pas rester reclus dans ton chagrin car ta tristesse est mienne et mes larmes coulent avec les tiennes. Fais moi rire et sourire en étant joyeux et heureux. Le temps n'a pas de prise sur nous en ce lieu où je t'attend et où je t'attendrai jusqu'à ce que ton heure soit venue. Mais avant cela, sache que je t'aime et qu'au nom de notre amour, tu dois vivre et remplir nos deux coeurs et nos âmes de joie. A très bientôt mon éternel amour.
L'ange en entendant le jeune homme lire à haute voix, ce parchemin qui lui avait été adressé par sa bien-aimée, ne put s'empêcher de fondre en larmes devant la beauté de cet amour. Le jeune homme, qui quant à lui n'a pas cessé de pleurer depuis que l'ange lui a transmis cette lettre, serre le parchemin contre son coeur et lève les yeux au ciel, un sentiment de joie gagnant son être tout entier. Sa moitié vient de redonner vie à son plus bel espoir, celui de l'amour éternel, redonnant ainsi un sens à sa vie, la remplir de moment heureux pour rendre heureuse celle qu'il aime. L'ange ressentant la joie qui envahit le coeur du jeune homme lui adresse un grand sourire puis déploie ses ailes et s'envole vers d'autres horizons.
Posté le 10.07.2008 par blackangel822002
La journée s'écoule lentement alors qu'elle est ainsi allongée dans le cercueil qui lui sert de lit, la protégeant des rayons dévastateurs du soleil. De nombreux rêves viennent hanter son esprit, meurtrissant son âme plus profondément encore qu'elle ne l'était, en lui faisant revivre la mort de ses parents devant ses yeux par celui qui lui avait offert la vie éternelle. Elle revit ensuite la fin de sa vie de mortelle où, vêtue d'une longue robe rouge aux épaules dénudées, elle s'était fait vidée de son sang puis, s'était vu offrir le sang de la damnation et de la vie éternelle, buvant goulument au poignet de celui qui était devenu son maître. Elle revoit le feu qui avait ravagé la maison de ses parents, ne laissant pas la moindre trace de son corps tout comme de ceux de ses parents qui avaient brûlé. Elle ressent la terreur qui s'est emparé d'elle la première fois qu'elle fut enfermé dans un cercueil pour y passer la journée, endormie. Alors que le soleil se couche enfin à l'horizon, elle émerge de ses rêves, le visage dégoulinant du sang qu'elle a transpiré dans la difficile épreuve qu'elle affronte chaque jour en refaisant toujours les mêmes rêves. Elle sort de son cercueil puis se dévêtit avant de plonger dans la baignoire qu'elle a rempli d'eau brûlante, donnant à son corps une teinte plus rose, presque humaine. Après s'être lavé du sang qui s'écoulait à grosses gouttes sur sa peau, elle sort du bain puis se sèche avant de revêtir une longue robe noire, aux bords en dentelle violette.
C'est ainsi vêtue qu'elle quitte son repaire, partant en chasse afin d'apaiser sa faim. Elle ne chasse jamais à proximité de son repaire ni du cimetière où elle passe ses nuits, préférant les rues encombrées du centre ville où elle se repait de jeunes hommes qu'elle séduit avant de les entrainer dans une ruelle à l'écart pour les y vider de leur sang. Après son repas, elle gagne le cimetière et s'asseoit sur la même tombe que la nuit précédente, fondant en larmes, ses tristes pensées dirigées vers ses défunts parents et sa vie passée de mortelle. Une ombre se glisse parmi les tombes, s'approchant silencieusement d'elle, puis pose sa main sur l'épaule de la pleureuse.
- Ne crois-tu pas avoir assez pleuré tes parents et ta vie passée au cours de ses 200 dernières années Marie ?
La pleureuse ne tourne pas la tête, regardant toujours la tombe au nom effacé, et retire la main de celui qui vient de lui parler de son épaule.
- Je n'aurais pas assez de l'éternité pour oublier que tu les as arraché à la vie et que tu m'as retiré au monde de la lumière. Maudit sois-tu Déméther.
Il l'attrape par le poignet puis la soulève et l'attire à lui, la serrant dans ses bras, un sourire carnassier sur lèvres puis plante ses canines dans la gorge de Marie qui, se débat de toutes ses forces mais ne peut rien faire face à son créateur. Il se repait de son sang, et elle s'affaiblit au fur et à mesure que son sang est aspiré par Déméther. Il desserre son étreinte et la libère mais elle est tellement affaiblie qu'elle ne tient plus sur ses jambes s'effondrant aux pieds de son créateur.
Posté le 10.07.2008 par blackangel822002
Le jeune homme découvre alors un être baigné par la lumière du soleil, tout de blanc vêtu et muni de grandes ailes, et de son visage illuminé s'échappe un sentiment de paix profonde.
- Dieu m'a chargé de veiller sur toi car il a d'autres projets pour ton avenir. Il m'a d'ailleurs demandé de te faire part d'une mission qu'il veut te confier.
Le jeune homme le regarde, abasourdi par ce qu'il vient d'entendre. Dieu voudrait lui confier une mission et il a un ange gardien pour veiller sur lui. Il se sent quelque peu troublé et sa curiosité le pousse à savoir quel est donc la mission que Dieu voudrait lui confier.
- Quel est donc cette mission ? Qu'adviendra-t-il de moi si je la refuse ? J'ai tué un prêtre, je ne vois pas pourquoi Dieu s'intéresse-t-il tant à moi et pourquoi vous ne m'avez pas laisser périr dans les flammes car c'est le sort que je méritais pour mon crime.
L'ange sourit aux questions du jeune homme puis, le regard plein de bonté, le prend par le bras et ils se mettent à marché le long de la rivière.
- Je ne peux te révéler ta mission tant que tu ne l'as pas accepté mais sache que même si tu venais à refuser, tu n'en serais pas puni. Et l'heure était venue pour le prêtre de quitter ce monde, tu n'as été que la main de Dieu qui est venu le chercher.
Le jeune homme avance aux côtés de l'ange, se remémorant les évenements qui ont eu lieu il y a si peu de temps mais qui lui paraisse si lointain, jusqu'à la mort de sa femme qui lui paraît remonter à une éternité. Il se sent obligé d'accepter la mission que Dieu a à lui confier pour se racheter de ses pêchés. Il lève les yeux au ciel, y regardant les étoiles briller.
- J'accepte cette mission quelqu'elle soit. Je n'ai plus d'autres raisons pour continuer à vivre alors à quoi bon errer seul sans l'amour de ma vie. Que dois-je faire, dites moi ?
Il fixe l'ange dans les yeux, se préparant mentalement autant qu'il le peut à recevoir les instructions de la mission qu'il lui faudra accomplir. L'ange le regarde attentivement. Le jeune homme ressent tout à coup une douleur insupportable dans sa tête, et se penche en avant, les yeux fermés, les mains posées sur ses tempes puis la douleur disparaît aussi soudainement qu'elle est apparue. Il ouvre les yeux et se redresse et découvre qu'en regardant l'ange, il voit une lumière blanche émaner de lui.
- Ta mission sera de purifier les rangs de ceux qui se prétendent les serviteurs de Dieu mais qui ont commis des actes impardonnables. Tu pourras les reconnaître car lorsque tu poseras ton regard sur eux, tu verras en eux une noirceur sans fin alors que ceux qui ont encore l'âme pure brilleront d'une lumière intérieure comme tu peux le voir en me regardant.
Le jeune homme se perd dans la contemplation de cette lumière blanche qui provient de l'intérieur de l'ange se demandant comment était l'âme du prêtre qu'il a tué ainsi que la sienne. Il se demande si ce ne serait pas une punition plutôt qu'une mission car quel homme sain d'esprit pourrait supporter de tuer des personnes de sang froid. Il ferme les yeux ne pouvant supporter plus longtemps la lumière blanche qui provient de l'ange.
- Comment pourrais-je parvenir à accomplir cette mission ? Elle condamnerait mon âme à la damnation éternelle et me rendrais complètement fou. Je ne pourrais pas le supporter. J'étais pris par la tristesse qui remplissait mon coeur et mon âme quand j'ai bouté le feu à l'église mais je ne pourrais le recommencer de sang froid.
L'ange le regarde avec compassion puis lève les yeux au ciel, contemplant la multitude d'étoiles qui l'habitent. Le jeune homme se morfond à l'idée de devoir tuer d'autres personnes et de voir l'âme des personnes si elles sont bonnes ou mauvaises. L'ange, les yeux toujours perdus dans les étoiles, lui répond avec douceur.
- Ne crains pas de tuer ceux dont leur âme est noire car ceci est un geste noble et qui apportera la délivrance à toutes les personnes qui ont souffert où souffrent encore par la faute de ceux que tu dois châtier. Ton âme ne sera pas damnée mais se verra ouvrir les portes du paradis pour y retrouver ta bien aimée lorsque ta mission aura été accompli.
A ces dernières paroles prononcées par l'ange, le jeune homme retrouve le sourire, pensant à sa bien-aimée qu'il pourra rejoindre au paradis, ainsi qu'à l'idée d'apaiser les souffrances de toutes les victimes de ses êtres aux âmes noires. C'est rempli d'une force nouvelle que le jeune homme lève les yeux aux ciels et contemple la lumière des étoiles. L'ange, ayant accompli sa mission pour le moment, s'envole vers les étoiles laissant le jeune homme seul, lâchant quelques mots à celui-ci alors qu'il s'élève dans l'immensité du ciel nocturne.
- Je veillerais sur toi de là-haut comme je l'ai toujours fait depuis ta naissance. Si tu as besoin de mes conseils, appelle moi et j'apparaitrais. Mon nom est Justice.
Posté le 29.06.2008 par blackangel822002
Lorsqu'ils arrivent devant les portes de l'église, un être, aux habits sombres, les rejoint et leur sourit avant de tendre l'oreille pour percevoir la peur qui a gagné les habitants. Il demande aux deux enfants de s'écarter un peu puis en projetant son énergie sur les portes, il les fait exploser en mille morceaux, des éclats se plantant dans les corps des villageois qui étaient collés à l'entrée de l'église. Les deux enfants exités par le sang perlant des plaies des villageois se languissent d'entrer dans l'église pour se repaître de leur sang mais ils attendent l'autorisation de celui qui est leur maître.
Ce dernier s'avance au milieu de cette forêt de corps transpirant la peur et le sang chaud. Il remplit ses narines de ce parfum qui lui est si délicieux et saisit une jeune femme à la gorge la soulève puis la vide de son sang qui coule à torrent dans sa gorge. Il jette le corps sans vie contre l'effigie de la vierge Marie qui orne l'une des cavités de l'église puis se dirige vers un groupe de personnes aux cheveux gris-blanc et se déchaîne avec une telle violence qu'il réduit leurs corps en lambeaux, leur sang ne l'intéressant pas. Les deux enfants attendent toujours à l'entrée de l'église, contemplant avec envie le spectacle qui s'offre à eux. Leur maître s'acharne sur tout les villageois qui s'étaient réfugiés dans l'église les vidant de leur sang ou les déchiquetant en lambeaux puis, une fois son forfait terminé, s'approche des deux enfants et leur annonce qu'ils vont bientôt avoir des frères et soeurs. En attendant que leur nouvelle famille se réveille, leur maître les conduit dans sa crypte et les allonge dans un cercueil en pierre.
Le lendemain soir, lorsque les deux enfants se réveillent et découvrent le couvercle de leur cercueil ouvert. Ils en sortent et quittent la crypte où leur maître les avait conduit avant le lever du soleil. En arrivant à l'extérieur, ils découvrent que tout les villageois qui ont été vidé de leur sang par leur maître ou par eux-mêmes sont debout et errent tels les goules qu'ils sont devenus, se battant les uns contre les autres, affamés qu'ils sont, prêts à s'entredévorer. Leur maître apparaît et toutes les goules s'agenouillent, les yeux fixant le sol, tant la crainte et la vénération qu'il leur inspire est grande. Il regarde ses deux enfants, le regard chaleureux, puis esquisse un sourire dévoilant ses longues canines. Le village leur appartient dorénavant, maudit et abandonnée aux créatures damnées, lieu qui sera la tombe de toutes les âmes errantes qui auront le malheur d'y pénétrer lorsque le soleil se couchera à l'horizon.
Posté le 29.06.2008 par blackangel822002
Le jeune homme se rassoit à l'orgue et se remet à jouer la même mélodie, toujours aussi triste, alors que les flammes ont atteint une température telle qu'elles font exploser les vitraux. Alors qu'il paraît perdu, les flammes l'ayant entièrement encerclé et commençant à lêcher l'orgue, il sent une présence qui lui est familière à ses côtés. Il tourne la tête et, les yeux remplis de larmes, aperçoit la silhouette de sa femme décédée la nuit précédente qui brille d'une aura blanche. Il tend les mains pour la toucher, et ne sent que le vide et la chaleur du brasier dévorant l'église. Son esprit endormi par la fumée, il ne comprend pas pourquoi il n'a pû ainsi la toucher ni pour quelle raison elle était environné d'une aura blanche.
Pourtant elle lui parle et lui sourit, le fixant de ses yeux qui l'ont toujours fait craqué. Elle l'implore de quitter cette église avant qu'il ne périsse car son heure n'est pas encore venue de la rejoindre de l'autre côté de la lumière. Il refuse de quitter l'église car il n'a plus aucune raison de continuer à vivre sans elle. Il se lève et se tourne vers le lieu où le corps du prêtre gisait inanimé avant d'être rongé par les flammes et ne voit plus qu'une forme sombre à travers les flammes.
Il se tourne vers l'effigie du christ crucifié qui trônait derrière l'autel et aperçoit des larmes de sang sur ses joues et n'a pourtant pas brûlé malgré le fait qu'elle soit toute de bois faite. Quel est ce mystère ? Pourquoi l'effigie n'a-t-elle pas brûlée et pourquoi pleure-t-elle des larmes de sang ? Horrifié par le doute qui s'est infiltré dans son esprit comme quoi Dieu pourrait bien exister ainsi que le paradis et l'enfer et que ses actes le condamnerait à l'enfer loin de sa bien-aimée qui elle doit être au paradis, il s'effondre à genou, les yeux braqués sur l'effigie du christ, la silhouette de sa femme brillant de son aura derrière lui et il se perd en excuses, demandant pardon pour ses pêchés, pour le meurtre du prêtre et la destruction par les flammes de ce lieu de culte.
La silhouette de sa femme devient floue et disparaît laissant sa place à une silhouette, toute de noire vêtue dont seuls deux yeux brillants sont visibles dans l'ombre de la capuche qui recouvre sa tête. Le jeune homme rampe, effrayé par cette apparition, et tente de s'en éloigner le plus possible. Les flammes lèchent maintenant ses mains et embrasent ses habits, un cri de terreur jaillissant de sa gorge lorsqu'il se rend compte qu'il va brûler vif. La silhouette sombre s'approche de lui, le saisit par les épaules et le soulève, le sortant des flammes dans lesquelles il venait de pénétrer. Elle éteind ensuite celles qui rongeaient ses habits puis la silhouette disparaît de l'église en emportant avec lui l'homme.
Ils apparaissent au bord d'une rivière qui s'écoule joyeusement sous la lumière des étoiles et de la lune qui brillent haut dans le ciel. La silhouette encapuchonnée plonge le jeune homme dans l'eau fraîche de la rivière pour apaiser la douleur de ses membres brûlés. L'homme ressort de l'eau et toutes les marques de brûlures qui recouvraient ses bras et ses mains ont disparu, comme par miracle. L'homme n'en revient pas et regarde d'un air interrogateur la silhouette encapuchonné. Celle-ci se rapproche de lui, porte les mains à sa capuche et la fait glisser puis retire complètement sa bure noire.
Posté le 17.06.2008 par blackangel822002
Anéanti par le chagrin, un jeune homme erre de rue en rue, les yeux noyés sous les larmes, son coeur enveloppé dans un écrin de douleur. Il a perdu le seul être au monde qui comptait encore pour lui, sa femme qu'il venait d'épouser la semaine passée a quitté le monde des vivants la nuit précédente, fauchée par une rupture d'anévrisme alors qu'elle n'avait pas encore 25 ans.
Désespéré qu'il était en la voyant ne pas se réveiller au matin en ne sentant plus son pouls ni le moindre souffle d'air s'échapper de sa bouche, il a appelé les secours qui ont emporté le corps après l'avoir enveloppé dans un sac. Il suivit les secours et monta dans leur véhicule, refusant de rester chez lui, là où elle était morte dans la sécurité de leur chambre. Il passa la journée assis sur une chaise dans le couloir de l'hôpital, le regard plein de détresse mais nul personne ne vint le voir pour lui dire quelques mots réconfortants. Lorsque la nuit tomba, il se fit chasser de l'hôpital et se retrouva devant les portes closes, sans aucun moyen de locomotion, les poches vides et commença son errance.
C'est ainsi qu'il se retrouve, après quelques heures à avancer sans but, devant les portes ouvertes d'une église où il pénètre, se faisant envelopper par l'odeur d'encens, de cire fondue et par la froideur des lieux. Il avance vers le fond de l'église, là où trône l'autel sur lequel brûle constamment deux énormes cierges, puis lève les yeux vers le christ sur la croix fixé au mur. Il se met à parler à l'effigie du christ crucifié :
« Comme toi, j'ai été abandonné par Dieu, et je me retrouve seul dans le chagrin et la douleur. Il a emporté la personne pour laquelle je vouais un amour sans limites. Je me sens trahi par lui comme tu fus trahi par Judas. Je me sens crucifié sur la croix comme tu l'es et ressent une douleur au coeur comme si l'on me plantait en plein coeur une lance comme celle qui t'a achevé. »
Après avoir prononcé ses paroles, il s'approche de l'autel, s'empare de l'un des grands cierges puis boute le feu à toutes les draperies et les tapisseries qui recouvrent ci et là les murs et les colonnes de l'église. Tandis que le feu se répand dans l'église, il rejoint l'orgue installé sur le côté et s'y asseoit avant de se mettre à jouer la marche funèbre. Le prêtre de cette paroisse, qui était plongé en pleine lecture de l'ancien testament, entend la musique provenant de l'orgue et se lève pour aller voir qui c'est permis de jouer de cet instrument dont l'usage est réservé aux messes et autres cérémonies. En ouvrant la porte de son bureau, il se trouve face à un tel brasier qu'il croit être devant la bouche de l'enfer. Il se cache la bouche et le nez avec sa manche puis se précipite vers l'homme assis à l'orgue pour le faire sortir avant qu'il ne soit brûlé vif dans ce brasier. Le jeune homme repousse le prêtre avec une telle violence qu'il le fait tomber dans les flammes qui étaient en train de dévorer l'autel, le condamnant à une mort douloureuse car la tête du prêtre a heurté avec force le sol de pierre le laissant inanimé.