Alors que le soleil vient à peine de se coucher, baignant de rouge, toute chose à l'horizon, un être, qui jusqu'à présent était endormi, commence à émerger de son sommeil diurne et s'apprête à se lever pour passer la nuit debout. Il soulève la pierre de son tombeau en pierre, et la pousse sur le côté, la faisant basculer en un immense vacarme qui résonne dans la crypte qui lui sert de chambre à coucher. Il sort de son tombeau et frotte ses vêtements pour enlever la poussière qui a réussi à s'infiltrer sous le couvercle en pierre et qui recouvre en une fine couche ses vêtements. Il pousse la lourde porte en fer de la crypte et en sort, découvrant un ciel dégagé où les étoiles et la lune brillent de milles feux.
Il a toute la nuit devant lui mais avant toute chose, il lui faut se nourrir, il se dirige donc vers un square où se retrouvent des jeunes gens qui ont mal tourné et trouve une jeune femme un peu à l'écart des autres qui semble être évanouie. Il s'approche sans bruit d'elle et entend les battements de son coeur lents et réguliers, battements distinctifs d'une personne endormie. Il se penche doucement sur elle et plante ses crocs dans son cou, boit son sang jusqu'à ce que son coeur soit prêt à s'arrêter puis se redresse, la laissant mourir ainsi vidée de son sang sur le banc où elle s'était endormie.
Il regarde autour de lui, voir si personne ne s'était approché pendant qu'il prenait son repas, puis murmure quelques mots en regardant le corps maintenant sans vie de la jeune femme.
- Ton calvaire en ce monde s'arrête ici, je t'en ai délivré. Va en paix dans l'autre monde et salue celui que je ne rejoindrais jamais, là-haut.
Il quitte le square pour rejoindre un lieu où aucun de son espèce n'ose s'aventurer, il va se faufiler dans la petite église à quelques rues du square pour y réfléchir tranquillement car il est sûr que personne ne viendra l'y déranger. Il s'installe sur un banc et sort un petit carnet ainsi qu'un petit stylo. Ce carnet avec sa couverture en cuir n'est autre que le carnet sur lequel il note tout les sujets de réflexion qui remplissent ses pensées mais bien entendu ce n'est pas son premier carnet depuis toutes les années où il fait ce petit rituel, il a déjà rempli des dizaines de petits carnets identiques, qu'il a rangé soigneusement dans une cachette dans sa crypte bien emballés pour les protéger du temps.
Après avoir passé deux heures ainsi installé sur un banc de la petite église à noircir quelques pages de son carnet en cuir, il quitte l'église pour rejoindre un bar ouvert toute la nuit tenu par un homme insomniaque. Cette homme insomniaque n'est pas le propriétaire de ce bar mais l'employé de notre vampire car ce dernier voulait un endroit où pouvaient se retrouver les vampires qui souhaitent discuter entre eux et où les âmes perdues qui s'y aventureraient pourrait servir de casses-croutes aux vampires y séjournant. Lorsqu'il pénètre dans le bar, l'homme s'approche de lui pour l'acceuillir avant de le guider vers le fond et les tables où sont installés vampires et hommes, les vampires ayant appris à dissimuler leurs différences pour mieux se confondre parmi les humains.
- Bonsoir Monsieur Ambrosius. Comment allez-vous par une belle nuit comme celle-ci ?
Ambrosius, c'est bien là le nom de notre vampire oui. Le vampire prend la clé que lui tend l'homme en esquissant un léger sourire pour ne pas dévoiler ses canines.
- Bonsoir Albert. Bien, merci de vous poser la question. Beaucoup de clients ce soir ?
- Hé bien je dois dire qu'on a déjà vu des soirs où il y avait plus de monde mais il est encore tôt donc on peut s'attendre à voir encore des clients venir.
Après ces mots, il laisse Ambrosius et retourne à son comptoir, où il s'asseoit sur un tabouret, et s'accoude sur le rebord du bar. Ambrosius, quant à lui, s'installe à la même table que tout les soirs, tout au fond de la salle, où la lumière ne vient pas l'éblouir ni faire briller anormelement ses yeux. Une fois installé sur la banquette confortable de cette table, il retire sa veste en velours noir et la pose à côté de lui puis commence à regarder le visage de tout les clients installés aux autres tables, distinguant sans la moindre difficulté les vampires des humains.
A suivre ...
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