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blackangel822002
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Une éternité de peine

Publié le 25/09/2008 à 12:00 par blackangel822002
C’était il y a une vingtaine d’années, lors d’une nuit d’été, qu’un ange tomba éperdument amoureux d’une vampire. Union inconcevable qu’elle était entre ces deux êtres, le messager de Dieu et la femme damnée dans les ténèbres. De leur amour, naquit un être ayant hérité des pouvoirs des deux créatures à la différence près qu’il n’avait pas d’ailes et qu’il ne craignait pas la lumière du soleil. Il était considéré comme un miracle par sa mère, les vampires ne pouvant procréer. Cet être si chétif comblait de joie son père qui, le serrant contre son cœur, lui fit découvrir les cieux. Dieu, qui était furieux de cette union, condamna l’enfant à une éternité de peine. Il déchut son père, le condamnant à vivre et mourir comme un mortel, et infligea à sa mère une mort lente et douloureuse sous les rayons du soleil levant. Son père fut incapable de survivre au chagrin que provoqua la mort de sa bien-aimée et il déposa son fils aux portes d’une église avant de se donner la mort en sautant du toit d’un immeuble.

Les années passèrent et l’enfant Janus grandissait et faisait preuve d’une sagesse, d’une bonté et d’une force hors du commun. Ce qui n’était pas sans intriguer ceux qui l’entouraient mais ayant également développé très tôt une capacité à lire dans les pensées, il parvenait à ne pas éveiller de soupçons sur sa remarquable robustesse. Malheureusement pour lui, une inextinguible soif de sang le conduisait fatalement à vider de leur sang tous ceux qui avaient un jour compter pour lui. C’était une malédiction qui le plongeait chaque jour un peu plus dans un océan de peine et il se contraignait toujours plus à fuir l’affection que lui portaient les gens. C’était ainsi qu’au terme de quinze années à tuer ceux qui l’aimaient et qui l’élevaient, il fugua et disparut de la ville qui l’avait vu grandir. Il avait trouvé refuge dans une ferme abandonnée depuis des années au vu de l’état de délabrement avancé. Cinq années passèrent où il se nourrissait du sang des rongeurs et autres animaux ayant le malheur de s’approcher de son domicile. Il avait trouvé un semblant de paix intérieure, refoulant sa peine au plus profond de son âme jusqu’à ce que son passé finisse par le rattraper.
Ayant pris l’habitude de sonder mentalement les alentours pour être certain d’être à l’abri et à l’écart de la civilisation, il ressentait un esprit de plus en plus proche qui lui était impénétrable. Intrigué, il lançait des visions d’horreur dans le but d’effrayer l’être qui s’approchait mais en vain. Celui-ci lui adressa une pensée d’apaisement indiquant qu’il venait en ami et qu’il avait connu sa mère. Janus accepta sa venue mais restait néanmoins méfiant envers cet inconnu. L’étranger se tenait à présent devant la ferme qui servait de cachette à l’être mi-ange mi-vampire. Il avançait lentement vers Janus qui se tenait sur le palier et lui souriait chaleureusement. Le jeune homme ne lui rendit pas son sourire et le fixait le visage fermé. L’invité lui serra la main en ne cessant de contempler sa tête.

- Tu as les cheveux et la bouche de ta mère Janus. Mais je n’arrive toujours pas à croire qu’un tel miracle ait pu avoir lieu. Il est normalement impossible aux vampires de procréer.

Janus le regardait les yeux écarquillés d’entendre tout ceci alors qu’il ne connaissait pas l’homme qui lui faisait face. L’homme lisait ses pensées comme dans les pages d’un livre et s’excusa de ne pas s’être présenté.

- Excuse moi Janus, j’étais tellement content de te trouver depuis des années où je te cherche. Je suis Balgiriel et je fus celui qui offrit le sang de l’immortalité à ta mère. Je l’aimais tellement que mon chagrin fut immense et nombreuses furent les nuits que j’ai passé à la pleurer.

En prononçant ces mots, Balgiriel fut submergé par son chagrin, des larmes de sang coulaient sur ses joues et tombaient sur le sol poussiéreux de la ferme. Janus se sentait gêné devant le chagrin du créateur de sa mère alors que lui n’éprouvait aucune émotion envers elle, ne l’ayant jamais connu. Dans un élan de gentillesse qui le surprit, Janus serra Balgiriel contre son cœur.

- Pardonnez moi de n’éprouver aucune tristesse à son égard mais je ne l’ai jamais connu ni même vu ne serait-ce que son visage. Je serais ravi que vous acceptiez de me parler d’elle.

Balgiriel regardait Janus, un léger sourire éclairant son visage, et il sécha ses larmes en s’écartant du jeune homme. Janus attendait sa réponse, espérant du fond du cœur qu’elle soit positive et se sentait enfin moins seul d’avoir retrouvé un parent à lui. Janus conduisit Balgiriel dans le salon où ils s’installèrent.

- Bien, Janus, je vais tout d’abord te narrer comment j’ai rencontré ta mère et toutes les années qu’elle a passé à mes côtés. La première fois que je la vis, elle était une simple femme de chambre dans un hôtel aux abords de la ville où j’avais élu domicile. C’était lors d’une de mes chasses que, par pur hasard, j’entrai dans ce bâtiment, y ayant senti un parfum enivrant de fleurs sauvages. C’était l’odeur de ta mère et elle avait tout d’une fleur sauvage, la beauté et la fragilité. Mon cœur s’éprit d’elle à l’instant où mon regard se posa sur elle. Toutes les nuits suivantes, je les passai à la contempler et à m’enivrer de son parfum, réfléchissant à la manière de l’aborder sans l’effrayer. Ce fut elle qui, la première, brisa la glace et m’adressa la parole et sa voix était pareille à celles des anges, enchanteresse et harmonieuse. Elle me demanda pourquoi un gentilhomme tel que moi venait se perdre dans un hôtel comme celui-ci. Je saisissais la chance qui s’offrait à moi en lui répondant que je venais pour la voir elle. Intimidée, elle rougissait fortement et me laissa seul pour revenir, quelques minutes plus tard, me déposer un mot. Elle me donnait rendez-vous à l’extérieur dès qu’elle finissait son service. Je me rendis donc à l’extérieur et l’y attendis, au lieu même où elle me rejoignit et nous partîmes. Jamais plus elle ne retourna travailler en cet endroit sordide. Je lui offris tout l’argent qu’elle avait besoin pour se payer de beaux vêtements et lui donnai la plus belle chambre de ma demeure. Deux années s’écoulèrent pendant lesquelles elle passait ses journées à étudier et ses nuits à mes côtés à s’émerveiller de toutes choses.

Janus l’interrompit, commençant à trouver long le récit et il voulait en venir plus rapidement à ce qui l’intéressait. Comment sa mère était-elle devenue vampire ?

- Pardonnez-moi Balgiriel mais comment ma mère est-elle devenue une créature de la nuit comme vous ? Et de quelle manière a-t-elle rencontré mon père ?

Balgiriel souriait devant l’empressement de Janus, typique de la jeunesse, et lui fit un signe d’apaisement.

- Ne sois pas aussi pressé Janus. Si je te raconte tout ceci, c’est pour te permettre de savoir comment était ta mère. Si tu veux bien écouter sans m’interrompre à nouveau, je pourrais continuer.

Janus fit oui d’un signe de tête, retenant le flots de questions qui l’envahissaient, et Balgiriel prit une profonde inspiration avant de reprendre.

- Bien, tout ceci dura un temps où je la voyais se faner, se flétrir comme une fleur qu’elle était. Ne voulant pas assister à sa lente agonie, lorsqu’elle fêta son trentième anniversaire, ce qui faisait un âge proche de celui où je suis moi-même devenu vampire, je lui proposai d’abandonner la mortalité. Je lui laissai deux jours pour réfléchir et apprêter sa réponse mais elle me fit attendre une année avant de me répondre. Durant ce laps de temps, elle abandonna le rythme de vie qui était le sien, s’éloignant de la lumière du jour, pour ne plus vivre qu’en même temps de moi. Je lui montrais ce que signifiait être vampire, agissant avec violence et cruauté pour me nourrir, ne maquillant plus ma peau blême. Elle avait ainsi vu toutes les choses les plus sombres dont j’étais capable mais tout ce qu’elle retint, c’était que toutes nos sensations étaient décuplées et que le monde nous appartenait dans toute sa gloire et sa beauté nocturne. Elle accepta finalement ma proposition. Ce qui, comme tu peux le deviner, me remplit d’une joie intense. Je décidai, avec son accord, que sa renaissance au monde des ténèbres aurait lieu à la pleine lune, ce qui lui laissa trois journées pour dire adieu à son ancienne vie et au soleil. Lorsque la nuit fatidique fut arrivée, je lui demandai d’attendre mon retour, le temps pour moi de me gorger de sang. Elle profita de mon absence et brûla, dans la cheminée, livres, cadres, peintures, vêtements jusqu’à ceux qu’elle portait. C’était ainsi que je la découvris nue, sa peau brillant aux lueurs des flammes. Je le découvrais pour la première fois, avec ses formes généreuses et ses petites imperfections que gommerait mon sang ténébreux en s’insinuant en son être. Elle m’offrit sa nuque et j’y plantai mes canines, aspirant goulûment son sang. Je la sentais faillir, plus son sang la quittait, et je m’arrêtai alors que son cœur ne battait plus que d’un très faible écho. Je m’entaillai le poignet et lui collai à la bouche. Elle aspira faiblement au début puis elle se fit violence, buvant mon sang avidement, me plongeant dans une transe orgasmique. Je l’arrêtai une fois qu’elle avait bu suffisamment pour être forte. Je la fis s’allonger dans le cercueil où je dormais le temps que son corps abandonne la mortalité. Pendant ce temps, je fonçai me rassasier car j’étais affaibli par la quantité de sang qu’elle avait bu. Lorsque je revins, je la trouvai pleine de vie, émerveillée par la vision que lui offrait le sang ténébreux, toujours aussi nue mais ne ressentant pas le froid. Elle me sauta au cou et enfin, je me permis de l’étreindre avec fougue, comme jamais je ne l’avais fait auparavant de peur de la blesser. Je l’emmenai chasser avec moi après lui avoir fait mettre des vêtements qui m’appartenaient. Elle se révéla très douée à cet exercice et il ne lui fallut guère longtemps pour être repue. Elle m’entraîna ensuite dans le quartier marchand et y dévalisa les boutiques de vêtements et de chaussures, se faisant une nouvelle garde robe. Nous retournâmes ensuite dans notre demeure et nous y laissâmes libre court à notre passion, nous griffant, nous mordant, nous embrassant et nous caressant.

Balgiriel se têt, reprenant son souffle. Des larmes de sang coulaient sur ses joues à l’évocation de ce bonheur passé qui l’avait fui. Janus le regardait fixement et n’osait briser ce silence. Balgiriel essuya ses larmes avec un mouchoir puis esquissa un petit sourire à Janus avant de reprendre.

- Le soleil lançait ses premiers rayons à l’horizon et nous gagnâmes donc le couvert de mon cercueil où nous passâmes la journée. A la tombée de la nuit, je la regardai se lever, pleine d’une folle envie de découvrir l’étendue de ses capacités. C’est ainsi que nous avons passé trois années à repousser chaque nuit nos limites et je la découvrais mon égale dans bien des domaines. Sa sagesse surpassait la mienne et je paraissais tel un enfant à ses côtés. Malheureusement, elle finit par se lasser de nos jeux et elle partait de plus en plus seule en chasse ou dans ses escapades nocturnes. Un soir, elle m’avait laissé un message, me disant qu’elle partait découvrir le monde. Je suis resté deux siècles à espérer son retour à mes côtés, me lamentant du poids de ma solitude. Puis, il y a environ un quart de siècle, un écho m’est parvenu quant à une femme vampire, à la beauté d’une fleur sauvage, qui aurait réussi à tomber enceinte d’un ange. Cette vampire n’était autre que ma douce infant, ta mère. J’ai essayé de rencontrer ta mère et son ange, ton père, mais je n’ai pu la retrouver de son vivant. J’ai ressenti sa disparition alors que j’étais tout proche de la ville ou tu es né.

Janus pleurait à chaudes larmes, des flots de sang coulant le long de ses joues. Balgiriel le regardait en partageant sa peine et lui tapota l’épaule.

- Allons mon enfant, pourquoi pleures-tu ainsi ? Ne sois pas triste. N’oublie pas que tu es le plus beau cadeau que ta mère pouvait avoir. Te mettre au monde.

Balgiriel souriait chaleureusement en prononçant ces paroles et il était rempli d’un étrange sentiment de fierté à son égard car il était d’une certaine manière le grand-père de Janus. Janus le regardait intensément en essuyant ses larmes.

- Vous ne m’avez pas dit comment s’appelaient mes parents. N’ont-ils donc pas de noms ? Ont-ils une tombe décente ? Dites moi !

Balgiriel reçut de plein fouet ces questions auxquelles il espérait échapper. Il fit un signe de négation de la tête et un signe de dépit de ses bras.

- Je n’ai jamais pu connaître le nom de ton père. Quant à ta mère, elle avait vraiment tout d’une fleur, même le nom, elle s’appelait Rose. Ta mère a péri sous les rayons meurtriers du soleil levant. Il ne restait rien d’elle. Ses cendres ont été dispersées par le vent. Je n’ai pu que faire dresser une stèle à sa mémoire dans les jardins de ma demeure. Ton père, n’ayant aucune identité connue en ce monde, a été jeté dans une fosse commune, anonyme parmi tant d’autres. Je suis désolé.

Le temps s’était écoulé si vite, tant Balgiriel en avait raconté à Janus sur ses parents, surtout sur sa mère d’ailleurs, que les rayons du soleil léchaient à présent le corps de Balgiriel à travers les fenêtres. Celui-ci poussa un cri de terreur et de douleur mélangées alors que son corps s’était embrasé. Janus fut tellement surpris qu’il était immobile face à Balgiriel qui se consumait à la vitesse d’un bois fort sec. Il ne resta bientôt plus que cendres de celui qui en avait tant appris de l’histoire de sa famille à Janus. Il était de nouveau seul, le cœur broyé par la mort de son seul parent connu, et ses yeux débordaient de larmes de sang. La malédiction, que Dieu lui avait jeté, venait de frapper une nouvelle fois.


L'ombre et la lumière

Publié le 21/09/2008 à 12:00 par blackangel822002
Au cœur de la nuit, un ange survolait de grandes étendues de prairies, s’émerveillant du silence qui régnait sur la nature lorsque le soleil avait laissé la place à la lune. Il survola une vieille bâtisse délabrée d’où provenait, à travers les fenêtres, une vive lumière qui était égale à celle du soleil. Il se laissait descendre, intrigué qu’il était par ce qu’il voyait. Il se posa devant les portes d’entrée, s’émerveillant devant la lumière qui lui réchauffait le cœur, et les questions fusaient dans son esprit. Il s’approchait lentement, un pied après l’autre, de l’entrée de la bâtisse et tendait la main pour se saisir de la poignée.
Il toucha la poignée et la porte s’ouvrit sur un spectacle qui paralysait l’ange. Un grand feu brûlait sans consumer quoi que ce soit dans la bâtisse. Au milieu des flammes, une ombre s’avançait vers lui sans qu’il ne puisse distinguer quel était cet être. L’ange était toujours dans l’incapacité d’esquisser le moindre mouvement, les yeux rivés vers l’ombre qui s’approchait toujours plus de lui. L’ombre laissa la place à un ange tout de noir vêtu, de longues ailes noires repliées dans son dos, des cornes sur le front et des yeux brillants d’un éclat maléfique. L’ange noir s’adressait à l’ange paralysé avec un rictus au coin des lèvres.

- Ainsi donc, tu t’es enfin décidé à venir jusqu’ici, Meledric. Tu es prêt à rejoindre la véritable puissance de ce monde ?

Meledric semblait terrorisé à la vue de l’ange noir ainsi qu’en entendant ses paroles et il essayait de reprendre le contrôle de lui-même pour récupérer sa liberté de mouvement. Il récupéra enfin ses moyens et tendait un doigt accusateur vers l’ange noir.

- Toi, Machiavel, comment as-tu pu te laisser séduire par les ténèbres et rejoindre celui qui se nomme Lucifer ? La lumière du jour ne te manque-t-elle pas ? Tu ne mérites pas d’exister et en tant que serviteur de Dieu, je me dois de réparer cet erreur.

Machiavel éclata de rire devant les paroles niaises de Meledric. Il déployait maintenant ses ailes noires, les flammes brûlant derrière lui projetaient une ombre immense qui engloutissait Meledric. Machiavel dégaina une longue dague à la lame noire comme son âme et avançait d’un pas sûr vers Meledric. Ce dernier reculait vers la sortie de la bâtisse, d’où il espérait pouvoir s’envoler pour fuir l’affrontement en milieu qui lui était hostile. C’était ainsi qu’en passant sous la porte, il dégaina à son tour une dague de laquelle émanait une paisible lueur. Il déploya ses ailes et s’envola les yeux rivés vers Machiavel qui le suivait armé de sa dague et le regard haineux.

Leurs ailes les portèrent haut dans le ciel, au dessus des nuages, et Meledric faisait maintenant face à Machiavel, dague à la main. Machiavel, sûr de lui et de sa force, tenait sa dague le long de sa jambe pointe vers le bas, et Meledric lui la tenait devant son visage, prêt à parer une éventuelle attaque. Machiavel ricanait devant la peur qui émanait de Meledric.

- Voyons Meledric, tu n’espères quand même pas réussir à me résister arme au poing, tu sais bien que j’ai toujours été l’ange le plus adroit au maniement des armes.

Après ces quelques paroles, il se précipita sur l’ange blanc et, d’un geste rapide, le désarma, sa dague tombant longuement vers le sol en traversant les nuages. Meledric avait le visage blême et reculait le plus vite possible pour éviter de recevoir la lame noire de Machiavel en plein cœur. Celui-ci souriait devant cette manœuvre désespérée qui ne faisait que retarder l’inévitable car quand bien même Meledric réussirait à fuir, son destin était scellé et sa vie s’achèverait sur la lame noire de Machiavel qui aspirerait son âme et lui infligerait mille tourments durant une éternité. Meledric plongea en piqué pour récupérer sa dague qui avait maintenant atteint le sol, se plantant dans le marbre d’une tombe. Machiavel plongea à sa poursuite, le bras en avant, la dague pointée vers Meledric reflétait étrangement la faible lumière des étoiles qui venait l’éclairer. Meledric eut à peine le temps de se saisir de sa dague que l’ange noir était derrière lui, brisant le silence nocturne d’un rire cruel. Meledric se retourna et, trébuchant sur le bord de la tombe, se cogna la tête sur le rebord en marbre et s’ouvrit le crâne. Du sang perlait sur son front et coulait sur ses yeux, troublant sa vue mais il se releva et faisait face à Machiavel qui était hilare de la maladresse dont venait de faire preuve l’ange blanc.

- Dieu ne t’a donc pas appris à tenir sur tes jambes ? Mais ce n’est pas la seule chose qu’il n’apprend pas à ses anges. Rejoins moi, échappe à la servitude de Dieu et tu découvriras tous les secrets qu’il cache à ses serviteurs.

Meledric secouait la tête, refusant sans dire un mot de rejoindre Machiavel dans les ténèbres, et essuya le sang qui lui masquait la vue, pointant sa dague vers l’ange noir. Il déploya ses ailes blanches et majestueuses puis s’envola par-dessus les tombes, son sang gouttant sur le marbre des monuments funéraires. Machiavel bondit dans les airs en direction de Meledric puis ouvrit ses ailes noires et le pourchassa, son cœur attristé de n’avoir pu convaincre son ancien frère de le rejoindre, car maintenant il ne pouvait le laisser s’échapper ni repousser l’heure de son trépas.
Lorsqu’il rattrapa l’ange blanc, il lui agrippa le pied et le tira vers lui avant de lui planter sa dague en plein cœur. Mortellement blessé, Meledric tombait sans parvenir à ralentir sa chute de ses ailes qu’il ne parvenait plus à faire battre. Il s’écrasa lourdement, dans un bruit d’os brisé, sur le parvis de l’église jouxtant le cimetière et demeurait immobile, le corps désarticulé tel un pantin, se vidant de son sang par la plaie qu’avait ouverte la lame noire de Machiavel ainsi que par les nombreuses fractures ouvertes dues à sa chute.
Machiavel se posa à ses côtés, les yeux remplis de larmes de voir le corps inanimé de celui qui fut son frère bien-aimé. Il savait qu’il ne pouvait laisser ainsi le corps de Meledric car ceux qui le verraient sauraient que leurs croyances en Dieu et ses anges ne seraient pas vaines. Il décida donc d’arracher les ailes blanches maculées de sang du dos de Meledric et lorsqu’il l’eut fait, il les emporta avec lui comme symbole de la fin de celui qu’il avait pour mission de rallier à sa cause ou de le tuer. C’est ainsi qu’il laissa sur le parvis de l’église le corps inanimé de Meledric, l’ange blanc.

Vengeance Eternelle

Publié le 21/09/2008 à 12:00 par blackangel822002
Simple lever de soleil qui prenait pour cet homme une signification particulière depuis qu’il avait franchi les portes du monde des ténèbres. Les premiers rayons de la lumière diurne étaient pour lui telle une sonnette d’alarme résonnant dans son esprit. Il lui fallait rapidement gagner le couvert des ténèbres pour échapper aux cruelles flammes qu’allumerait le soleil en baignant son corps. Une course contre la montre était lancée contre le jour naissant et la défaite n’était pas envisageable dans ses projets d’éternité. C’était ainsi que la peur au ventre, il avait atterri dans cette bâtisse abandonnée aux ouvertures du rez-de-chaussée condamnées par des briques et, d’un bond il était entré par une fenêtre ouverte aux intempéries située à l’étage. Il avait trouvé refuge dans ce qui était le salon de cette demeure, au milieu duquel trônait un canapé miteux. Coincé jusqu’à la tombée de la nuit, il y prit place le plus confortablement possible après s’être débarrassé de son long manteau de cuir noir. Il se demandait comment donc avait-il pu se laisser surprendre par les premières lueurs du jour, lui qui par mesure de précaution, regagnait toujours son repère deux heures avant la fin de la nuit. Pour essayer de trouver une réponse à cette question, il décida de se remémorer à haute voix tous les événements de la nuit écoulée. Il pris une profonde inspiration et ramena ses pensées au moment de son réveil.

- Je me suis levé dès que les derniers rayons du soleil disparurent à l’horizon. Je me suis douché puis habillé comme le font bon nombre d’adorateurs de cette musique aux sonorités électriques et violentes, où le chanteur semble se faire torturer tant ses cris sont incompréhensibles. D’ailleurs, cela me fait penser que parmi eux, certains nous vouent un culte alors qu’ils n’ont aucune certitude quant à notre existence. Je pourrais devenir leur dieu, faire d’eux mes adorateurs et mes esclaves, me nourrir de leur sang. Je m’égare là ! Qu’ai-je fait ensuite déjà ? Ma mémoire à court terme me joue des tours ces temps-ci alors que je me souviens parfaitement de ma dernière nuit de mortel et de mes premiers pas dans les ténèbres. Voila que cela me revient ! Je suis allé me promener à l’allure des mortels dans le centre ville. Que j’aime errer parmi eux afin de me repaître de leur parfum, de leurs regards qui me dévisagent et de leurs pensées. Quel plaisir de lire en eux tel dans les pages d’un journal intime, et découvrir leurs secrets les plus inavouables, leurs fantasmes et leurs plus grandes craintes. Quelle tristesse que celle que j’ai ressenti en lisant en lisant les pensées de cette jeune femme en tenue de mariée qui fendait la foule en tenant une boite à bijoux et une lettre. Elle avait une telle volonté de mettre fin à ses jours. Est-elle encore vivante ? Si seulement il n’avait pas eu autant de monde, j’aurais volontiers pris sa vie en la vidant de son sang. J’aurais peut-être même pu m’en faire une compagne, qui sait. Non, elle voulait trop quitter ce monde, je n’aurais pu l’en dissuader pour lui faire don de la vie éternelle ici bas. J’ai encore perdu le fil des événements de la soirée. Je suis vraiment trop tête en l’air. Hum, ensuite, que s’est-il passé ? Ha oui, je suis allé me nourrir dans ce square où errent chaque soir les camés et les dealers. J’ai vidé de son sang un homme grassouillet qui vendait son poison à des paumés. Son sang avait un goût délicieux et il était riche en sucres. Je m’en lèche encore les babines. Les junkies étaient bienheureux de le dépouiller de sa drogue et de son argent. Je me suis effacé dans l’ombre pour qu’ils ne puissent détailler mon visage bien que je doute que leurs cerveaux soient capables d’enregistrer quelconque chose encore. Je me suis ensuite rendu dans ce bar miteux où passent chaque soir des musiciens sans réels talents, nous accablant de reprises plus ou moins pittoresques. Oui, je crois avoir trouvé pourquoi je me suis fait surprendre par le soleil levant. Il y avait cette fille, toute seule au fond du bar, qui m’a attiré et dont je n’ai jamais pu lire la moindre pensée dans son esprit.

Il était complètement décontenancé par cette femme dont il n’avait pu percevoir la moindre pensée. Il s’efforçait de rassembler tous ses souvenirs depuis le moment où il l’avait rencontré.

- Mais que diable m’a-t-elle fait ? Etait-ce une sorcière qui aurait joué avec mes souvenirs ? Qu’ai-je donc bien pu faire durant le restant de la nuit ? Comment ai-je atterri au beau milieu de la ville alors que le soleil dardait ses premiers rayons sur le béton des bâtiments ? Il s’en est fallu de peu pour qu’il me transforme en torche et me consume pour ne laisser de moi que cendres. Il faut absolument que je la retrouve pour la forcer à me dévoiler la vérité. Dès que la nuit sera tombée, je partirai à sa recherche.

Sur ces paroles, il s’étendit de tout son long et se fit happer par le sommeil diurne des vampires. Pendant que son corps était dans un état d’engourdissement prolongé, son âme ressassait tous les visages qu’il avait déjà vus. L’étrange femme apparut à l’entrée du salon où reposait le corps du vampire. Elle s’approcha lentement du canapé miteux, sans un bruit, flottant à quelques millimètres du sol puis s’arrêta devant la tête aux yeux clos. Elle s’agenouilla et se mit à lui murmurer au creux de l’oreille.

- Tu m’as oublié Nathaniel ? Ne te souviens-tu pas de la promesse que tu m’avais faite ? Quoi qu’il advienne, je reviendrais te chercher et nous serons ensemble pour toujours. Ce sont là les mots que tu avais prononcé. Tu es revenu oui, mais au lieu de m’emmener avec toi, tu m’as vidé de mon sang et a laissé la mort s’emparer de moi. J’ai longtemps erré en ces lieux. Je les ai hanté pendant trois siècles mais maintenant, je t’ai enfin retrouvé.

Nathaniel frissonna de tout son corps pendant son sommeil à ses paroles qui venaient heurter de plein fouet son âme. Il se réveilla en sursaut, les yeux hagards, et se redressa avant de s’asseoir sur le rebord du canapé. Il était face à la femme qui avait provoqué ce réveil en sursaut et des larmes de sang coulaient sur ses joues.

- Helena, pardonne-moi, j’étais rempli d’une soif de sang telle que je n’arrivais plus à me contrôler. J’ai subi la damnation éternelle en devenant l’être que je suis. Lorsque j’ai réalisé que je t’avais tué, je suis resté des semaines entières à te pleurer et à maudire celui qui m’a transformé.

Helena le regardait, imperturbable, aucune émotion ne transparaissant sur son visage. Nathaniel s’agenouilla à ses pieds, la suppliant de lui pardonner cet acte. Pour toute réponse, elle enfonça ses mains fantomatiques dans la tête du vampire et lui fit ressentir toute la souffrance, la tristesse et la colère qu’elle ressentait depuis cette nuit tragique. Abasourdi par tant de souffrance qu’il recevait en une seule fois, il chancela et tomba le long du canapé, pleurant de tristesse et hurlant de douleur. Elle le regardait avec dégoût, se demandant comment elle avait pu l’aimer.

- Nathaniel, cette souffrance n’est rien comparée à l’éternité de douleur que tu m’as offert en me tuant. Mais maintenant, tu connaîtras milles tourments car jamais plus nous ne serons séparés. Tu vas subir ma vengeance.

Sur ces paroles, les yeux d’Helena se remplirent de flammes. Nathaniel restait cloîtré dans un mutisme que seule la mort l’en délivrerait. Elle se fondit dans le corps du vampire, le possédant totalement, contrôlant chacun de ses mouvements.

Elle releva le corps de Nathaniel et le dirigea à l’étage, là où le soleil pénétrait par les fenêtres brisées. Les rayons qui touchèrent le corps de Nathaniel consumaient sa peau et sa chair, lui infligeant de profondes cicatrices. Helena, ravie de défigurer ainsi le corps de Nathaniel, le fit se traîner en haut des escaliers avant de le faire les dévaler, lui brisant les membres et de multiples côtes. Elle laissa le corps ainsi brisé et brûlé en bas des escaliers. Elle en sortit, ricanant devant l’aspect pitoyable du vampire.

- Relève toi ! Ta souffrance ne fait que commencer. Tu regretteras d’exister tel que tu es et tu t’abandonneras à la lumière du soleil ou au bucher.

Dans un geste sans espoir où sa douleur était à son paroxysme, Nathaniel assena un coup de poing qui traversa Helena. Elle le regardait avec amusement tant il était idiot de sa part d’essayer de la toucher de quelque manière que ce soit. Il gisait maintenant étalé de tout son long, son geste désespéré l’ayant propulsé en avant. Elle dansait autour de lui en l’injuriant et lui promettant de plus terribles souffrances encore. La peur se lisait dans les yeux du vampire. Il était entièrement à la merci d’Helena. Il n’était qu’un pantin désarticulé qu’elle mouvait selon ses envies.

Les heures parurent interminables à Nathaniel qui espérait qu’Helena ne lui ferait pas subir à nouveau les douloureuses caresses des rayons du soleil. Ses os s’étaient ressoudés car telle était la vitesse de guérison des vampires qu’il ne leur fallait que quelques heures là où ça prendrait des mois aux mortels. Mais cette rapide guérison avait un coût, elle causait une inextinguible soif de sang pour lui rendre ses forces. Il avançait lentement, le dos voûté comme un grand-père, et rejoignit la fenêtre par laquelle il était entré et se laisser tomber dans la rue. Ses jambes ne lui permirent pas de se réceptionner correctement et il s’affala sur le sol. Helena le rejoignit à l’extérieur en traversant la façade de la maison. Elle le suivait alors qu’il progressait lentement, incapable de marcher droit comme un homme ivre sortant d’un troquet. Il lui fallait trouver une victime car les forces lui manquaient cruellement pour lutter contre les heures qui s’écoulaient rapidement. Déjà quatre heures s’étaient écoulées depuis le coucher du soleil et il apercevait enfin une victime potentielle. Il s’approchait d’elle mais Helena ne comptait pas le laisser faire. Elle se mit face à lui, son regard en disait long sur la haine qu’elle ressentait..

- Non, tu ne feras plus aucune victime, Je t’en empêcherais jusqu’à ce que ta soif te rende fou.

Elle se glissa dans le corps de Nathaniel, prit possession de ses muscles, de ses nerfs et de chaque parcelle de son corps, le paralysant. Le vampire se débattait pour reprendre le contrôle de son corps mais son âme ne parvenait à chasser le spectre vengeur d’Helena. Son âme fut repoussée jusqu’à un recoin de son cerveau et il se retrouvait dans une position de spectateur. Helena déplaçait le corps de Nathaniel avec aisance et se dirigeait vers l’église de la ville. Arrivés sur le parvis de l’église, Nathaniel était en train de rassembler ses forces pour tenter une nouvelle fois de chasser Helena de son corps. Elle fixait son attention sur les mouvements du corps du vampire pour le faire sauter sur le toit de l’église. Il trouva que le moment était bien choisi et il lança son assaut en une puissante vague d’énergie qui surprit Helena et la projeta hors de son corps. Il profita de cette liberté retrouvée pour s’engager dans l’église par la porte ouverte et se dirigeait maintenant vers le fond du bâtiment. Il aperçut la porte fermée qui menait à la crypte. Le répit fut court car Helena apparut devant lui à travers l’épais mur de pierre froide. Elle s’approchait lentement de lui, un sourire moqueur aux lèvres, et tendait les bras vers lui.

- Nathaniel, comment peux-tu espérer m’échapper ? Je t’ai promis que je t’offrirais la souffrance jusqu’à ce que l’éternité te paraisse impossible à affronter.

Nathaniel regardait avec dépit la femme qu’il avait aimé et qui, maintenant, le hantait et lui infligeait milles tourments. Il se demandait si il parviendrait à lui échapper ou à chasser toute haine de l’esprit d’Helena. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres de lui et il savait qu’elle allait de nouveau prendre possession de son corps. Il recula sans quitter des yeux Helena et il percuta l’autel de l’église, faisant tomber des cierges qui s’éclatèrent sur le sol. Elle en profita et glissa en lui, repoussant son âme qui lui barrait le passage. Elle s’insinuait dans chaque parcelle de Nathaniel alors que la flamme d’un cierge encore debout sur l’autel bouta le feu aux vêtements du vampire. Helena, ayant passé les trois derniers siècles sous l’était qui était le sien, ne ressentit pas la vague de chaleur qui gagnait le corps tout entier de Nathaniel, ni l’insupportable odeur de brûlé qui l’accompagnait. L’âme du vampire suppliait Helena d’éteindre les flammes qui rongeaient son corps. Ce qu’elle fit, n’en ayant point encore terminé avec lui. Il la remerciait vivement mais elle n’en avait que faire. Elle mouvait le corps partiellement carbonisé vers une représentation du christ crucifié, une idée malsaine venant de la traverser. Nathaniel, réfugié dans son cerveau entraperçut cette idée et ça ne lui indiquait rien de bon.

Le soleil se levait et sa lumière tombait à travers les vitraux qui la vêtaient de multiples couleurs. Ses rayons venaient frapper le corps de Nathaniel, lui infligeant de nouvelles brûlures. Helena savait combien le soleil était un ennemi impitoyable pour les vampires. N’ayant pas assez fait subir de douleur à son assassin, elle conduisit son corps à l’abri dans la crypte et lui rendit le contrôle de son corps, s’en retirant. Nathaniel grimaçait tant la douleur qu’il ressentit pour toutes les brûlures qu’il avait reçu. Elle le regardait avec joie de le voir ainsi souffrir.

- Allons, ce n’est pas si terrible que ça Nathaniel, tu arriveras à supporter cette douleur jusqu’à la prochaine fois.

Il se réfugia dans un coin, se recroquevillant sur lui-même, souffrant en silence et il ne quittait pas des yeux Helena qui le regardait d’un air amusé. Pas un bruit ni aucune parole ne venait troubler le silence de mort qui régnait dans la crypte, le martyr apeuré dans un angle et son bourreau au milieu de la pièce. Les brûlures de Nathaniel peinaient à cicatriser sans l’apport de sang, ce liquide de vie qu’Helena l’avait empêché de boire au cou d’une femme. Il était dans un tel état de faiblesse que même pleurer était au dessus de ses forces. Il ne pouvait qu’attendre immobile le prochain tourment qu’elle lui infligerait. Son esprit fonctionnait au ralenti et il ne pouvait entrevoir le moindre espoir d’échapper à la mort qu’elle finirait par lui donner. Helena ressassait encore et encore la mort qu’il lui avait donné, attisant sa haine, ayant oublié tout le bonheur qu’ils avaient partagé.

- Tes yeux ont le même éclat que lorsque tu m’as tué mais jamais plus tu n’aspireras le sang de quiconque. Je ferais disparaître la lueur dans ton regard et à ce moment tu connaîtras le trépas.

Nathaniel était complètement abattu et ne prêtait nulle attention aux paroles d’Helena. Il n’esquissait pas même le moindre mouvement pour aller contre le sort qu’elle lui destinait. Elle avait gagné une guerre qu’il avait déclenché sans le réaliser trois siècles auparavant lorsqu’il l’avait tué, possédé par sa soif du sang.

Ses pensées le ramenèrent à l’époque où il était encore un mortel et qu’ils étaient fous amoureux, Helena et lui. Mais une barrière se dressait entre leur amour, les parents d’Helena qui ne voulaient pas que leur fille fréquente un simple charpentier comme lui. Il lui avait donc promis un soir de revenir la chercher quoi qu’il se passerait et qu’ils seraient ensemble pour toujours. Il avait rencontré un gentilhomme, dans une taverne, qui lui avait promis de lui donner de l’argent si il l’accompagnait chez lui pour l’aider. Il avait accepté l’offre de l’homme aussi étrange lui paraissait-il et l’avait accompagné chez lui. L’homme lui avait alors annoncé qu’il avait besoin de compagnie et qu’il voulait partager ses richesses. Nathaniel, si naïf était-il à ce moment, accepta de lui tenir compagnie, ne pensant qu’à l’argent qu’il gagnerait pour enfin vivre avec Helena l’amour qu’ils partageaient. Quelle surprise eut-il quand l’homme s’avéra être un vampire et qu’il fit de lui son infant. Il découvrit tout d’un regard nouveau et voulait partager ce qu’il voyait avec son amante. Malheureusement pour eux, la soif de sang de Nathaniel fut réveillée par le délicat parfum du nectar de vie qui coulait dans les veines d’Helena. Il fut incapable de résister et brisa leur amour en la vidant de son sang, la tuant dans ses bras.

Nathaniel émergea de ses souvenirs, rempli d’une intense tristesse, se rendant compte de ses erreurs passées, de leur amour détruit par sa naïveté. Il se répugnait de tous les crimes qu’il avait commis rien que pour apaiser sa soif. Helena le fixait, surprise de voir le visage du vampire passer d’une expression de tristesse à l’une de dégoût, et tendit la main vers lui.

- A quoi penses-tu donc ? Révèle moi toutes les pensées qui font ainsi changer ton visage d’expression. La culpabilité t’a-t-elle enfin rattrapée ?

Il la regardait sans formuler la moindre réponse, incapable de parler qu’il était. Il se leva au prix d’un gros effort et passa à côté d’elle sans la regarder. Il se traîna tant bien que mal hors de la crypte. Elle le suivait, sans un mot, craignant qu’il ne soit en train de s’enfuir. Il atterrit près de l’autel où un prêtre ramassait les cierges tombés et en remettait de nouveaux. Nathaniel ne lui prêta pas la moindre attention. Le prêtre, quant à lui, était intrigué et apeuré devant le spectacle du corps fortement brûlé du vampire. Les rayons du soleil enflammaient Nathaniel à travers les vitraux mais il s’en moquait complètement. Le prêtre ne comprenait absolument pas ce qu’il se passait mais voulait porter secours à ce pauvre homme en train de brûler. Helena regardait la scène avec un certain amusement mais néanmoins une légère inquiétude l’envahissait. Elle n’en avait pas fini avec lui et ne voulait donc pas qu’il périsse maintenant. Le prêtre parvint avec quelques difficultés à éteindre les flammes en finissant par enrouler Nathaniel dans une nappe qu’il avait attrapée sur l’autel. Helena se glissa dans le corps du prêtre, en prenant possession puis le fit transporter le corps du vampire dans la crypte. Ensuite, elle força le prêtre à se suicider en le faisant s’ouvrir les veines. Elle quitta le corps du prêtre alors que celui-ci rendit son dernier soupir. Une mare de sang s’était formée et elle s’arrêtait aux pieds de Nathaniel. L’odeur de l’hémoglobine le réveilla, sa soif n’ayant cessé de grandir au fur et à mesure de ses tortures, et il lapa le sang comme un animal assoiffé. Helena s’était absentée de la crypte, veillant à ce que personne ne s’y aventure. Elle attendait que le vampire guérisse un peu ses blessures avant de lui en infliger de nouvelles. Il lui avait promis qu’ils seraient ensemble pour toujours et elle s’assurerait que cela soit vrai, tout en se vengeant de la mort qu’il lui avait infligée.

Le second acte

Publié le 31/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
Sous un soleil de plomb, un homme avance en titubant au milieu d’une rue anormalement déserte en plein milieu de l’après-midi. Cet homme ne cesse de regarder derrière lui vers l’église qui domine le bout de la rue, la peur se lisant dans ses yeux. Mais de quoi a-t-il donc peur ? Une silhouette à l’entrée de l’église fait son apparition, son ombre s’étendant derrière lui sur le sol de pierre. L’homme qui fuit effrayé n’est autre que le prêtre de cette église mais quelle créature peut donc le faire fuir ainsi ce lieu de culte où il prêche la bonne parole ?
La silhouette se détache de l’entrée de l’église et avance maintenant dans la rue, marchant d’un pas sûr, le regard fixé sur le prêtre titubant. C’est lui, le purificateur, qui accomplit la tâche que Dieu lui a confié, et le prêtre est un des renégats qu’il doit punir pour ses pêchés. Le prêtre a volé l’argent des bonnes œuvres qui était destiné aux pauvres de sa paroisse, s’enrichissant sur le dos des nécessiteux, son âme aussi noire que la nuit n’a pas échappé au regard pénétrant du purificateur. Celui-ci tient dans sa main quelque chose de pointu qui brille sous les rayons du soleil, un grand crucifix muni d’une lame bien affûtée.
Le prêtre continue de fuir, regardant toujours par-dessus son épaule si le purificateur le rattrape, et arrive à un croisement, une voiture l’évitant de justesse. Il tourne à gauche dans la rue d’où venait la voiture, marchant au milieu de la route, les quelques voitures qui passent le klaxonnant en faisant des écarts pour l’éviter. Ne voyant plus le purificateur derrière lui après quelques minutes, il se croit sauvé et s’abrite dans une ruelle, essuyant son visage trempé de sueur avec un mouchoir qu’il a sorti de sa poche.
Alors que son mouchoir lui masque les yeux lorsqu’il s’essuie, le purificateur apparaît devant lui, la lame de sa dague en forme de crucifix pointée vers le sol, et il fixe sur lui un regard chargé de mépris. Le prêtre, horrifié par sa vue lorsqu’il a fini de s’essuyer le visage, laisse tombé son mouchoir par terre en poussant un cri de terreur. Il sent son cœur s’emballer, un infarctus pointant le bout de son nez, et il tombe à terre sa main posée sur sa poitrine, ses yeux devenant hagards.
Le purificateur se penche vers lui, posant sa main sur la bouche du prêtre pour l’empêcher de pousser tout cri puis plante sa dague dans son bas ventre avant de remonter jusqu’à sa cage thoracique. Il pose sa dague par terre puis glisse sa main dans la plaie béante, se saisit du cœur du prêtre et le serre fortement jusqu’à ce que plus aucun battement ne se fasse sentir. Il retire ensuite sa main pleine de sang, et se l’essuie avec le mouchoir du prêtre, avant de recouvrir le visage de celui qu’il vient de punir.
Il ramasse sa dague puis s’éloigne de la ruelle et regagne l’église. Une fois dans l’église, il se dirige dans les bureaux du prêtre. Il y trouve un coffre fort qu’il ouvre à l’aide de la clé qui était dans l’un des tiroirs du bureau. Il s’empare de tout l’argent que le coffre contenait et le met dans un sac. Il quitte le bureau puis revient quelques instants plus tard, un cierge allumé dans la main et il boute le feu au bureau avant de le quitter emportant avec lui le sac rempli d’argent. Il met ensuite le feu au reste de l’église et la quitte laissant les flammes la purifier. Il se dirige vers les quartiers pauvres de la ville, où mendient de nombreuses personnes assises à même le sol et leur distribue l’argent qui leur revenait de droit. Il quitte ensuite la ville vers la prochaine destination où il poursuivra sa mission.

Ma dernière nuit de mortel 2

Publié le 17/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
L'homme rompit enfin le silence qui devenait trop pesant pour moi, la curiosité ayant laissé place à l'angoisse. Les deux jeunes femmes étaient toujours nues et immobiles sur le lit, le sang s'échappant des trous dans leurs cous ayant taché les draps. Il ne m'était pas venu à l'idée au début qu'elles puissent être mortes. L'homme me promit la fortune et le succès auprès des femmes si je le rejoignais. Allêché par cette proposition, je buvais ses paroles qui me paraissaient aussi douces et enivrantes que le vin que servait le tavernier. J'étais complètement envouté par ses paroles, je me levai de ma chaise comme un pantin pour m'approcher du lit où reposait les corps inanimés des deux jeunes catins.

Je glissai mes mains sur le corps de l'une d'elle et sentit comme sa peau était froide. Je me rendis seulement compte que sa poitrine ne bougeait plus du tout, signe qu'elle ne respirait plus et que son coeur ne battait plus. Elle était morte avant que je ne pénètre dans cette chambre et je ne m'en rendais compte seulement après l'avoir touché. Quel idiot je faisais de mettre ainsi jeté dans les mains d'un tueur, au plein milieu d'une de ses tueries. Il me demandait de me débarasser des corps des deux jeunes catins, ce que je ne pouvais lui refuser sans que je ne sache pour quelle raison.

Je revêtit les cadavres de leurs tenues de catins, provocantes à souhait, puis les asseoit sur le lit, l'une contre l'autre pour qu'elles tiennent dans cette position. Je pris la bougie allumée qui était posée sur une table au milieu de la pièce et mis le feu aux draps puis au tapis qui recouvrait le sol et y laissa la bougie. Ensuite je sortis de la pièce en courant, criant au feu et m'excusant auprès de l'homme qui me suivait le regard haineux d'avoir fait irruption dans la pièce et d'avoir fait tombé la bougie sur le tapis. Je descendis les escaliers à reculon, terrorisé par l'homme qui avançait sur moi d'un pas décidé, ses yeux me lançant des éclairs. Le tavernier regardait bouche-bée la scène, alors que je sortai de la taverne lui promettant d'aller chercher de l'aide pour éteindre le feu qui se propageait dans la chambre, l'homme me suivant toujours. Une fois la porte franchie, je m'arrêtai, laissant l'homme me rejoindre, le sourire aux lèvres, mais courroucé par la manière dont je m'étais débarassé des corps, le fait que je les brûle le gênant.

Il m'entraîna dans les ruelles sombres des bas-fonds de la ville où trainaient les coupes-jarrets, les catins dont personne ne voulait et les mendiants. Il me demanda de désigner celui ou celle qui me faisait le plus pitié. Je lui montrai un cul-de-jatte dans une caisse à savon qui tenait une tasse en fer contenant quelques piécettes car je ne voyais pas comment un homme si réduit que cela pouvait réussir à vivre en ce bas monde. L'homme s'approcha du mendiant, se pencha pour lui donner quelques pièces mais au lieu de cela il l'attrapa, lui serrant la gorge et le portant à ses lèvres, il mordit dans la chair de son cou et le vida de son sang devant mes yeux. Je ne pus que regarder la scène terrorisé devant la force de l'homme que j'accompagnais. Il reposa le corps sans vie du cul-de-jatte dans sa caisse à savon puis nous reprimes notre chemin, pour nous arrêter devant une grande batisse à l'écart de la ville où il ne semblait y avoir aucune âme qui vive.

Ma dernière nuit de mortel.

Publié le 17/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
Je me rappelle encore la première fois que je l'ai vu, assis entre deux jeunes catins, fort de son charme irrésistible, dans la force de l'âge. Sa peau luisait étrangement sous l'éclairage de la multitude de bougies plantées sur le lustre au coeur de la taverne. Ses yeux paraissaient traverser la peau et la chair pour lire au plus profond de notre être. Il était richement vêtu avec sa chemise à jabot, sa veste de velours noir tout comme son pantalon et il était chaussé de bottes de cuir. Il dépensait sans compter, faisant boire plus que de raison les deux catins tandis que lui n'avait pas touché à son verre de vin. Je ne parvenais pas à détacher mon regard de lui, envieux de ses vêtements, de son argent et de son succès auprès des femmes.

Je le suivis du regard lorsqu'il monta à l'étage, les catins fortement émêchées aux bras, et rejoignit une chambre qu'il avait payé pour la soirée. Il referma la porte et disparut de ma vue, rompant le charme, et je fis aller mon regard de droite à gauche pour voir se que faisait les autres clients de la taverne. Des habitués, pour la plupart; qui jouaient aux dés ou aux cartes, échangeant des piques de vive voix. Pas la moindre personne ne me prêtait attention, à moi le fils du boucher, je me sentais transparent, voire même invisible. Vu que personne ne se préoccupait de moi, je me faufilais à l'étage, marchant lentement sur le plancher pour éviter tout grincement des planches en bois. Je me mis à genou devant la porte de la chambre où étaient entrés l'homme et les deux jeunes catins, collai mon oreille à la porte sans entendre le moindre son.

Je regardai par le trou de la serruer et aperçut les jeunes femmes dévêtues, couchées sur le lit, mais ne vit nulle part l'homme. Alors que je continuais de zieuter par la serrure, la porte s'ouvrit en grand, m'affalant à plat ventre dans la chambre. L'homme referma la porte puis prit place sur un fauteuil près d'une fenêtre. Sans qu'il n'ouvre la bouche, je l'entendis m'inviter à prendre place sur le fauteuil face au sien. En m'approchant, je jetais un regard sur les corps dévêtus sur le lit, n'ayant jamais vu de corps de femme auparavant. Deux petits trous, d'où coulaient quelques goutelettes de sang, mirent mes sens en alerte, m'implorant de faire demi-tour et de fuir cette chambre, ce que je ne fis pas et pris place dans le fauteuil. Je fixais maintenant l'homme qui, la tête posée sur son poing fermé, me regardait en silence. De longues minutes passèrent sans que je n'ose rompre ce silence, l'homme paraissait plonger dans une intense réflexion.

Poème du jour

Publié le 17/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
Tant de vies envolées
Tant de veuves éplorées
Cruel jeu que la guerre
Pour quelques lopins de terre

Tant de cris de terreur
Tant de moments d'horreur
Pour la joie des puissants
Qui se battent tels des tyrans

Tant d'enfants orphelins
Tant de pères défunts
Adieu les rires cristallins
Chassés par tant de chagrin

Tant de monstres inhumains
Tant de sang sur leurs mains
Accablant le monde de tristesse
Nous enfonçant dans la détresse

Tant de temps écoulé
Tant de siècles passés
N'ont rien appris du tout
Aux hommes qui détruisent tout

Le premier acte

Publié le 11/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
Dans une chapelle, un prêtre change les cierges qui se sont entièrement consumés et en allume de nouveau, tournant le dos à l’entrée où une silhouette se découpe, son ombre projetée sur le sol de pierre par la faible lumière provenant de l’extérieur. Le prêtre, qui ne s’est pas rendu compte qu’il a de la visite, se laisse aller à ses pensées, qui feraient fuir tous les croyants qui assistent à ses sermons, un sourire carnassier sur les lèvres. La silhouette s’enfonce silencieusement au cœur de la chapelle, se rapprochant du prêtre, le fixant avec dégoût et haine. Le prêtre, ayant fini de changer ses cierges, se tourne et découvre cette personne qu’il n’avait pas entendu entrer.

- Entrez mon fils, vous êtes en la maison du Seigneur. Que puis-je faire pour vous ?

La silhouette fait un signe de négation de la tête en s’approchant plus encore du prêtre. Ce dernier, qui commence à prendre peur en découvrant le regard haineux de la silhouette, recule sans pouvoir détacher son regard de cet étranger qui s’avance sur lui avec détermination. A force de reculer, il se cogne contre l’autel et fait tomber les cierges sur la nappe qui en recouvre le marbre froid. Les flammes des cierges boutent le feu à la nappe avant que les flammes ne s’attaquent aux habits du prêtre. L’étranger l’a maintenant rejoint et se tient droit devant lui.

- Te voici devant la main purificatrice de Dieu. Tu vas être puni pour tous les crimes que tu as commis. Tu as sali ce lieu de culte en violant tous ces jeunes enfants. Tu vas connaître le tourment éternel dans les flammes de l’enfer. Mais avant, ressens la douleur que tu as infligé à ses âmes innocentes.

L’homme attrape le prêtre par la tête, posant ses mains sur les tempes dégarnies de celui qu’il vient châtier sans prêter attention aux flammes qui lèchent la peau de l’homme d’église. Il fait revivre au prêtre toute la douleur que les enfants ont ressentit lorsqu’il les a violé, puis de ses doigts lui enfonce les yeux dans les orbites. Le prêtre, maintenant aveugle et rongé par la douleur rassemblée de toutes les souffrances qu’il a infligé aux enfants, se débat pour faire lâcher prise au purificateur et éteindre les flammes qui ont consumé ses vêtements et qui brûlent maintenant sa peau. L’homme le lâche et le regarde avec dégoût se rouler par terre pour éteindre le feu qui le ronge, du sang s’écoulant avec force de ses orbites. L’homme fait un signe de croix avec sa main gauche puis prononce quelques mots.

- Que ton âme soit tourmenté durant l’éternité et ne trouve jamais le repos dans les flammes de l’enfer. Tel est ta destinée.

L’homme attrape le prêtre et l’enferme dans le confessionnal puis prend un cierge allumé et y met le feu, condamnant le violeur d’enfants à brûler vif dans ce lieu où se confessait les gens. Mais le prêtre lui ne pourra recevoir l’absolution pour ses pêchés en ce lieu. Le purificateur tourne le dos à ce spectacle et quitte la chapelle, laissant résonner les hurlements de douleurs du prêtre entre les murs froids de pierre, puis disparaît au cœur de la nuit.

Le messager de l'espoir

Publié le 10/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
Le soleil se lève à l'horizon, chassant petit à petit l'obscurité où règne en maître bon nombre de créatures que la plupart des hommes ne voudrait rencontrer. La lumière orange du soleil levant baigne le corps d'un jeune homme allongé sur le rebord d'un immeuble flirtant avec les nuages. Ce jeune homme a les yeux à demi-ouverts et débordant de larmes, troublant son regard porté vers l'étendue infinie que représente le ciel. Ses pensées sont tournés vers la mort, qu'il désire ardemment, cherchant le courage de se laisser tomber sur le sol goudronné de la rue. Il a abandonné tout espoir en la vie, toutes ses illusions piétinées les unes après les autres par la dure réalité de ce monde en putréfaction.
Il tient dans ses mains une rose rouge ainsi qu'une chaîne après laquelle pend un pendentif représentant un demi-coeur. Quelques goutelettes de sang s'écoulent le long de ses doigts tant il serre fort la tige, des épines lui piquant la paume. Le demi-coeur semble brisé comme l'est le sien, déchiré par le chagrin, la perte de sa plus grande illusion l'amour éternel car il ne peut en être ainsi condamné dès la naissance à mourir comme le sont les hommes et les femmes. L'autre moitié de ce pendentif est maintenant six pieds sous terre, autour du cou de celle qu'il aime mais que la mort lui a arraché. Il espère la retrouver en mettant fin à sa vie qui n'aura été que désillusion jusqu'à son terme.
Une faible lueur apparaît à ses côtés sur le toit, puis il entend un léger murmure qui ressemble fortement à son nom. Il tourne la tête vers l'origine de la lueur et de la voix, pour découvrir debout à ses côtés un être tout de blanc vêtu, le visage plein de douceur et d'amour. Cet être, qui se tient ainsi près de lui, n'est autre qu'un ange, muni de grandes ailes blanches, qui tend les mains vers lui, l'implorant de ne pas faire le mauvais choix. Le jeune homme, complètement abasourdi, secoue la tête en se redressant, ne croyant pas ce qu'il voit. Il lâche la rose ainsi que la chaîne qui rejoignent le sol à quelques centaines de mètres sous eux, la fleur tombant plus lentement telle une plume alors que le bijou chute tel une enclume. L'ange lui sourit en le voyant se relever et quitter le rebord puis le prend par les mains et l'attire au centre du toit, là où tout faux mouvement n'entrainera pas une chute mortelle.

- Que croyais-tu faire en sautant de cette auteur ? Tu espérais rejoindre ta bien-aimée sans qui ton coeur est déchiré ? Cette solution ne t'y aurait jamais conduit. N'as-tu donc jamais appris que le suicide conduit en enfer ?

Se sentant tel un enfant qui se fait réprimander par un professeur, le jeune homme baisse la tête n'osant dire le moindre mot. Il finit enfin par relever la tête et fixe le regard de l'ange, qui semble pouvoir percer son esprit tant il est profond. L'ange sort quelque chose de sa manche et le tend au jeune homme, cela semble être un morceau de parchemin.

- Je ne devrais pas faire ça, Il nous l'interdit mais votre bien-aimée tenait absolument à ce que je vous donne ceci car elle savait que vous voudriez mettre un terme à votre vie. Prenez bien le temps de lire et de vous imprégnez de ce qu'elle vous a écrit sur ce parchemin.

Le jeune homme déroule le parchemin et commence la lecture à voix haute, les larmes coulant le long de ses joues dans un torrent qui semble intarissable.

- Mon tendre amour, sache que la mort n'est pas la fin de toute chose et qu'au-delà, la vie prend un nouveau départ mais nos souvenirs et nos émotions passées restent entiers. Mon amour pour toi a traversé la lumière qui m'a mené vers ma nouvelle demeure et mon âme reste toujours lié à la tienne. Je ressens tes joies. J'éprouve tes peines. Je ne fait qu'un avec toi, même si la mort nous a séparé, nous ne sommes qu'un seul et immortel amour. Oui l'amour est éternel, c'est bien ce que je veux que tu comprennes. Tu dois continuer de vivre au nom de notre amour et ne pas rester reclus dans ton chagrin car ta tristesse est mienne et mes larmes coulent avec les tiennes. Fais moi rire et sourire en étant joyeux et heureux. Le temps n'a pas de prise sur nous en ce lieu où je t'attend et où je t'attendrai jusqu'à ce que ton heure soit venue. Mais avant cela, sache que je t'aime et qu'au nom de notre amour, tu dois vivre et remplir nos deux coeurs et nos âmes de joie. A très bientôt mon éternel amour.

L'ange en entendant le jeune homme lire à haute voix, ce parchemin qui lui avait été adressé par sa bien-aimée, ne put s'empêcher de fondre en larmes devant la beauté de cet amour. Le jeune homme, qui quant à lui n'a pas cessé de pleurer depuis que l'ange lui a transmis cette lettre, serre le parchemin contre son coeur et lève les yeux au ciel, un sentiment de joie gagnant son être tout entier. Sa moitié vient de redonner vie à son plus bel espoir, celui de l'amour éternel, redonnant ainsi un sens à sa vie, la remplir de moment heureux pour rendre heureuse celle qu'il aime. L'ange ressentant la joie qui envahit le coeur du jeune homme lui adresse un grand sourire puis déploie ses ailes et s'envole vers d'autres horizons.

La pleureuse nocturne 2

Publié le 10/07/2008 à 12:00 par blackangel822002
La journée s'écoule lentement alors qu'elle est ainsi allongée dans le cercueil qui lui sert de lit, la protégeant des rayons dévastateurs du soleil. De nombreux rêves viennent hanter son esprit, meurtrissant son âme plus profondément encore qu'elle ne l'était, en lui faisant revivre la mort de ses parents devant ses yeux par celui qui lui avait offert la vie éternelle. Elle revit ensuite la fin de sa vie de mortelle où, vêtue d'une longue robe rouge aux épaules dénudées, elle s'était fait vidée de son sang puis, s'était vu offrir le sang de la damnation et de la vie éternelle, buvant goulument au poignet de celui qui était devenu son maître. Elle revoit le feu qui avait ravagé la maison de ses parents, ne laissant pas la moindre trace de son corps tout comme de ceux de ses parents qui avaient brûlé. Elle ressent la terreur qui s'est emparé d'elle la première fois qu'elle fut enfermé dans un cercueil pour y passer la journée, endormie. Alors que le soleil se couche enfin à l'horizon, elle émerge de ses rêves, le visage dégoulinant du sang qu'elle a transpiré dans la difficile épreuve qu'elle affronte chaque jour en refaisant toujours les mêmes rêves. Elle sort de son cercueil puis se dévêtit avant de plonger dans la baignoire qu'elle a rempli d'eau brûlante, donnant à son corps une teinte plus rose, presque humaine. Après s'être lavé du sang qui s'écoulait à grosses gouttes sur sa peau, elle sort du bain puis se sèche avant de revêtir une longue robe noire, aux bords en dentelle violette.

C'est ainsi vêtue qu'elle quitte son repaire, partant en chasse afin d'apaiser sa faim. Elle ne chasse jamais à proximité de son repaire ni du cimetière où elle passe ses nuits, préférant les rues encombrées du centre ville où elle se repait de jeunes hommes qu'elle séduit avant de les entrainer dans une ruelle à l'écart pour les y vider de leur sang. Après son repas, elle gagne le cimetière et s'asseoit sur la même tombe que la nuit précédente, fondant en larmes, ses tristes pensées dirigées vers ses défunts parents et sa vie passée de mortelle. Une ombre se glisse parmi les tombes, s'approchant silencieusement d'elle, puis pose sa main sur l'épaule de la pleureuse.

- Ne crois-tu pas avoir assez pleuré tes parents et ta vie passée au cours de ses 200 dernières années Marie ?

La pleureuse ne tourne pas la tête, regardant toujours la tombe au nom effacé, et retire la main de celui qui vient de lui parler de son épaule.

- Je n'aurais pas assez de l'éternité pour oublier que tu les as arraché à la vie et que tu m'as retiré au monde de la lumière. Maudit sois-tu Déméther.

Il l'attrape par le poignet puis la soulève et l'attire à lui, la serrant dans ses bras, un sourire carnassier sur lèvres puis plante ses canines dans la gorge de Marie qui, se débat de toutes ses forces mais ne peut rien faire face à son créateur. Il se repait de son sang, et elle s'affaiblit au fur et à mesure que son sang est aspiré par Déméther. Il desserre son étreinte et la libère mais elle est tellement affaiblie qu'elle ne tient plus sur ses jambes s'effondrant aux pieds de son créateur.