Publié le 10/10/2009 à 09:29 par blackangel822002
Joie immense que la naissance d’un enfant
Moment inoubliable à travers le temps
A jamais gravé dans nos mémoires
Et qui remplit nos cœurs d’espoir
En un nouvel avenir plein de bonheur
Avec les personnes qui habitent nos cœurs
Femme et enfant sont nos cadeaux
A nous les hommes tellement sots
Joie immense que la naissance d’un enfant
Et de le voir grandir à chaque instant
Accompagné de nos encouragements
Protégé de nos bras contre le tourment
Pour une enfance remplie de chaleur
Que l’amour infuse dans son cœur
Et le parer à sa future et longue vie
Pour que la joie l’habite lui aussi
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Publié le 23/05/2009 à 10:57 par blackangel822002
Y a t’il une vie après la vie ? Je me posais sans cesse cette question, jour après jour, nuit après nuit. Si savoir la réponse m’était si important, c’était car je savais mon temps compter. Mon corps était rongé par cette maladie. Chaque jour, je me sentais moins fort, moins vivant mais je ne voulais pas mourir. J’avais trop peur de ce qui m’attendait après la vie. La peur qu’il n’y ait rien après la vie remplissait mes nuits de cauchemars. Je me voyais pourrir et retourner au néant. Je n’étais plus rien. Tout était obscurité autour de moi. Je me sentais oppressé comme si j’étais enfermé dans un espace réduit. Puis je me réveillais suant à grosses gouttes.
Les semaines passaient et j’avais de plus en plus de mal à quitter mon lit. Je sentais mon heure arriver. J’allais découvrir par moi-même ce qu’il y avait après la vie. Je passais mon temps à réclamer l’attention et l’amour de mes parents pour lutter contre les cauchemars qui revenaient inlassablement. Je craignais qu’il n’y ait que ténèbres et néant après la vie alors que je pensais devoir vivre encore tant de choses.
Une nuit, mon cœur battait au ralenti et je ne sentais plus le bas de mon corps. Je pensais que mon heure était arrivée et que j’allais avoir ma réponse. C’était ce que je croyais mais ce n’était pas la mort qui vint. C’était un homme qui s’était introduit dans ma chambre et me contemplait. Qui était-ce ? Je ne le découvris que plus tard. Sa peau était blanche et attirait le reflet de la lune à travers la fenêtre. Ses yeux étaient d’un bleu qui tirait sur le gris et étaient plein de larmes. Pourquoi pleurait-il ? Sa bouche était tordue par la douleur. Mais de quoi souffrait-il ?
Etait-ce parce qu’il me savait mourant ? Je voulais lui demander mais j’avais la bouche trop sèche, pas un mot n’en sortit. Il me parla sans ouvrir la bouche, j’en étais certain. Il me disait qu’il pouvait me guérir si j’acceptais de le suivre et de quitter ma famille. Ce fut difficile à choisir mais je décidai d’accepter son offre car, quoi qu’il en soit, mes parents seraient tristes. Je pensais malgré tout qu’il leur serait moins dur à supporter de me savoir parti que mort. Tant qu’il ne saurait pas, il pourrait espérer que je sois en vie quelque part. Il esquissa un faible sourire au choix que j’avais fait. Il dévoila ses dents et se pencha sur moi. Il planta ses canines dans ma gorge et aspira mon sang. Je me sentais de plus en plus faible et croyais qu’il allait me tuer mais il s’arrêta de boire. Il s’entailla le poignet et me fit boire son sang. Je me sentais gagner par une énergie nouvelle plus je buvais. Réticent au début, j’aspirais maintenant son sang avidement. Il retira son poignet en me disant que ça suffisait.
Il me fit me lever et m’ordonna de m’habiller. Je revêtis un jeans ainsi qu’un pull noir puis nous quittâmes la maison. Que c’était bon de sentir la fraîcheur de la nuit m’envelopper et le vent caresser mes joues. J’avais oublié cette joie si simple de respirer et de marcher dans la rue. Je me sentais bien vivant et heureux d’aller ainsi en longeant les maisons collées les unes aux autres. Je n’avais que faire d’où nous allions tant je revivais après ces semaines voire ces mois passés au lit. Il nous guidait vers le cimetière et l’église.
Nous pénétrâmes dans l’église et descendîmes dans ses catacombes. Il me guida jusqu’à ce qui lui servait de demeure. C’était une grande crypte au milieu de laquelle siégeaient deux cercueils en pierre. L’un deux était entrouvert et était vide, l’autre était fermé. Il s’approcha de celui qui était fermé et poussa le couvercle. Il en sortit un squelette et le jeta dans un coin de la crypte. Il m’invita à m’allonger dedans et referma le couvercle sur moi. Mes cauchemars étaient devenus réalité mais pourtant je me sentais bien vivant. J’étais oppressé par cet espace réduit et l’obscurité qui y régnait. Malgré tout j’arrivais à distinguer mes mains devant mon visage. Je réfléchissais à la situation qui était la mienne et me dit que je n’avais qu’à attendre de voir ce qu’il allait advenir.
Publié le 19/05/2009 à 19:17 par blackangel822002
Instant magique où l'amour est sublimé
Nos deux corps l'un contre l'autre collés
Dans une danse qui nous est bien connu
Union passionnée de nos deux corps nus
Nos lèvres se cherchent et s'embrassent
Nos bras ainsi que nos jambes s'enlacent
Notre peau est parcourue de frissons
Nos corps sont tels des volcans en fusion
Chacun de nos gestes est une caresse
Des épaules jusqu'à la courbure des fesses
Nos corps sont consumés par notre passion
Nos murmures sont tant de supplications
D'appels à cette jouissance libératrice
Laissant place à une joie révélatrice
Publié le 08/04/2009 à 12:00 par blackangel822002
***
Deux semaines s’étaient écoulées depuis ce jour. Le forgeron avait passé jour et nuit au chevet de son fils, le soignant et pansant ses plaies. Lucellus était plongé dans le sommeil à longueur de journées à l’aide de plantes à effets sédatifs. Il n’émergeait que de temps à autre. Instants où son père lui donnait à boire et à manger en le tenant informé de ce qu’il se passait. Sa plaie s’était bien refermée et il pourrait très prochainement se lever. La nouvelle arriva au village que le roi avait décidé de prendre pour femme la fille du boucher, Lyssandre. Le mariage devait avoir lieu au solstice d’été, soit dans deux semaines.
***
Dans une chambre du château royal, Lyssandre était assise sur le rebord de la fenêtre. Elle pleurait à chaudes larmes, la rose en fer dans ses mains. Elle croyait Lucellus mort et gardait cette image de lui baignant dans son sang. Elle maudissait le roi et ses soldats. Elle était répugnée à l’idée qu’elle allait épouser Tanas. Elle se refusait à quitter sa chambre. Elle ne voulait rien avoir à faire avec ces gens qui n’étaient pas ses amis. Elle se sentait complètement abattue. Elle était condamnée à une vie dont elle ne voulait pas. Devenir l’épouse d’un tyran et pleurer l’homme qu’elle aimait.
***
Au village, chez le forgeron, dans la chambre, Lucellus se réveilla. Sa blessure ne lui faisait plus mal. Son teint était fort pâle. Il était très affaibli par ces deux semaines d’alitement. Son père le regardait en souriant. Il était heureux que son fils soit rétabli. Il l’embrassa sur le front affectueusement. Il ne lui annonça pas la nouvelle qui était parvenue au village. Il savait que son fils réagirait violemment en l’apprenant. Il préférait attendre que Lucellus ait récupéré plus de forces. Seulement là, il lui apprendrait. En attendant, il aida son fils à se lever du lit et à marcher.
Le père de Lucellus l’avait élevé depuis son plus jeune âge. Sa mère était morte en le mettant au monde. Lucellus ne l’avait donc jamais connu. Son père lui avait donné autant d’amour qu’il pouvait mais n’avait pu jouer le rôle de confidente comme l’aurait fait sa mère. Il ne s’était jamais confié à son père sur l’amour qu’il vouait à Lyssandre. Ce dernier l’avait découvert lorsque Lucellus avait tenté d’empêcher les soldats du roi de l’emporter. Il avait failli mourir pour elle et c’était la plus belle preuve qu’il aurait pu lui faire.
Son père et lui arrivèrent dans la rue. Lucellus se cachait les yeux tant la lumière du soleil l’éblouissait. Ils marchaient lentement, le fils s’appuyant contre son père. Tous les villageois qui étaient dans la rue les regardaient comme si ils voyaient un fantôme. Tous le croyaient mort, son père ne leur ayant rien dit. Personne n’osait s’approcher ou briser le silence. Même un enterrement aurait été plus bruyant. Lucellus, qui s’était habitué à la lumière, les dévisagea tous. Il lâcha son père et se tint seul, debout face à l’assemblée plus nombreuse encore. Il leur adressa la parole d’une voix rauque.
- Regardez-vous tous ! Vous me fixez comme si vous voyiez un revenant. En ai-je l’air ? Non, pas le moins du monde. Je suis en chair et en os comme vous. J’ai survécu à la blessure qui m’a été infligée grâce aux soins de mon père. Pas un de vous n’avez tenté d’empêcher les soldats du roi d’emporter Lyssandre, la fille du boucher. Vous vous êtes tous cachés dans vos maisons. Vous m’écœurez tous autant que vous êtes. Et je maudis Tanas, ce roi cruel. Je ne serai plus un de ses sujets.
Ils le regardaient tous bouche-bée, même son père. Dans ses yeux brillait une flamme qui était la haine qu’il ressentait envers le roi. Pour les villageois, il n’éprouvait plus que mépris. Un vieil homme qui n’était pas du village s’approcha et lui adressa la parole à voix basse.
- Quelles paroles enflammées qui vous coûteraient l’échafaud si ses soldats étaient là. Les pensiez-vous vraiment ces mots ? Si c’est le cas, j’ai des informations qui pourraient vous intéresser. Mais tout d’abord, je me présente. Mon nom est Libartus. Je suis un conteur qui va de villages en villages. Et j’y glane des informations sur les nouvelles du royaume.
Lucellus écoutait attentivement ses paroles. Il lui fit oui de la tête et l’entraîna avec lui à l’intérieur de la forge, à l’écart des villageois.
- Oh que oui, ces mots étaient le reflet de ma pensée. Dites moi ce que vous savez. Allez-y ! Je vous écoute.
Libartus sourit devant tant d’empressement. Il regarda intensément Lucellus comme si il voulait lire en lui.
- Tout doux jeune homme. Je me suis présenté à toi mais tu ne m’as même pas dit ton nom. Tout ce que je peux deviner, c’est que tu es forgeron.
Il souriait toujours et attendait que le jeune forgeron se présente. Lucellus grimaça puis prit la parole.
- Pardonnez-moi ! Je veux tant entendre ce que vous avez à me dire que j’en oublie la politesse. Je suis Lucellus, forgeron comme mon père et c’est sa forge ici.
Le vieillard fut surpris en entendant le nom du jeune homme. Cela le plongea dans une si intense réflexion qu’il en oublia la présence de Lucellus. Celui-ci le regardait et attendait qu’il lui donne les informations qui pourraient l’intéresser. Il patienta un quart d’heure et en eut assez. Il tapota sur l’épaule de Libartus et lui parler.
- Monsieur, réveillez-vous ! Vous devez me donner des informations et cela fait un moment que j’attends. Dites moi ce que je veux savoir, je vous en prie.
Libartus sortit de sa torpeur et regarda Lucellus d’un air différent. Son regard paraissait plein de vénération pour le jeune forgeron. Il fit un léger signe de la tête.
- Excusez mes errances, je repensais à une très vieille légende. Mais ce n’est pas de cela dont je veux vous parler. J’ai appris dans le village précédent que Tanas a tué toutes celles qu’il n’a pas choisi. Et celle qu’il a choisi, c’est Lyssandre, la fille du boucher. Le mariage aura lieu dans deux semaines, le jour du solstice d’été. La cérémonie aura lieu sur le parvis de la cathédrale afin que le peuple puisse y assister en masse.
Lucellus passa de la tristesse à la haine, avec une étape de soulagement. Il voulait retrouver Lyssandre et tuerait le roi Tanas pour y parvenir. Il regardait sans le voir Libartus, plongé qu’il était dans ses désirs de meurtre. Le vieillard rompit le silence et sortit le jeune homme de ses pensées.
- Vous brûlez d’un tel feu. Vous voulez tant attenter à la vie de Tanas ? Puis-je vous révéler ce qui m’a tellement troublé tout à l’heure ? Lucellus, vous êtes voué à un destin formidable.
Le jeune forgeron regardait Libartus, troublé par la dernière phrase qu’il lui avait dit. Que pourrait bien avoir de formidable sa destinée ? Cette question se répétait dans son esprit. Il lança un regard interrogateur au vieillard sans dire un mot. Le vieil homme le fixait attentivement, guettant sa moindre réaction et capta son regard.
- Oui, ce que je vous ai dit est vrai. Votre destin sera hors norme. Quand vous m’avez dit votre, je me suis rappelé de ce que j’ai toujours pris pour une légende. En réalité, ce n’en est pas une, je l’ai compris maintenant. C’est une prophétie, et vous en faites partie.
Lucellus était profondément intrigué par ces paroles. Il en attendait plus que ce que venait de lui dire Libartus. Il laissa une minute s’écouler mais le vieillard ne semblait pas prêt à lui en dire plus.
- Je vous en prie ! Dites-m’en plus ! Que peut raconter cette prophétie et qui aurait un impact sur mon destin ?
Libartus semblait amusé par tant de curiosité de la part du forgeron. Il prit une profonde inspiration comme lorsqu’il racontait ses histoires dans les villes et villages.
- Puisque vous avez l’air de vouloir en apprendre plus encore. Ouvrez bien grandes vos oreilles jeune homme. Je vais vous raconter les grandes lignes de cette prophétie. Etes-vous prêt ?
Lucellus était pendu à ses lèvres. Il était tout ouï. Il fit un signe affirmatif de la tête. Le vieil homme souriait en se remémorant la prophétie.
- Lorsqu’un roi cruel cherchera à prendre comme épouse la femme à la rose de fer, le forgeron se soulèvera et le renversera. Son nom sera semblable à celui d’un ancien dieu. Le royaume entrera alors dans une erre de pays durable.
Le vieillard se têt et attendit les questions de Lucellus. Celui-ci ne tarda pas à en poser.
- Comment cela peut-il être possible ? Je n’ai forgé la rose de fer il n’y a pas plus d’un mois. De plus, je l’ai faite sans en parler à quiconque.
Lucellus guettait la réponse de Libartus. Celui-ci haussa les épaules et les bras en l’air avant de les rabaisser.
- C’est ce qu’on appelle le destin. Tout ce qui doit advenir est écrit depuis la nuit des temps. Personne, pas même les puissants n’échappent à leur destinée. Comme le dit la prophétie, la tienne sera formidable.
Le vieil homme posa sa main sur l’épaule du jeune forgeron et lui fit un sourire chaleureux. Il sortit une pierre de son sac et la tendit au jeune homme.
- Tenez ! Prenez-le ! C’est un métal tombé du ciel que j’ai trouvé. Il vous faut une épée alors forgez-la avec ceci.
Lucellus prit le morceau de métal, inclinant la tête pour remercier Libartus. Il le posa près de la forge éteinte depuis deux semaines. Il serra amicalement la main du vieillard puis lui dit adieu en le raccompagnant à la sortie. Une fois seul, il s’assit sur l’enclume et réfléchit à tout ce qu’il venait d’apprendre.
Publié le 05/11/2008 à 12:00 par blackangel822002
Laissez moi vous narrer l’histoire de l’homme qui forgea son propre destin. Cette histoire se déroula il y a bien longtemps à une époque où régnait un roi féroce. Tanas était son nom et sa cruauté n’avait d’égale que la noirceur de son âme. Il était sans pitié contre ceux qui allait contre sa volonté et le contrariait. Son peuple mourrait de faim tandis que lui festoyait jour et nuit. Il n’était pas marié et n’avait toujours pas d’héritier alors que le poids des années commençait à voûter ses épaules. Il devait se hâter de prendre une femme et de concevoir un fils avant que ne vienne l’impuissance. Tous les nobles lui présentèrent leurs filles mais aucune ne sut le charmer. Il envoyait maintenant ses soldats chercher les plus belles jeunes filles du royaume.
***
A deux jours de cheval, dans un petit village, vivait la plus belle fille du royaume. Elle était la fille du boucher. Ses cheveux étaient aussi sombres que la nuit et contrastait avec la blancheur de sa peau. Ses yeux étaient pareils à deux saphirs brillant de vie et d’intelligence. Sa voix cristalline rendait terne le chant des rossignols. Elle incarnait la bonté même. Tous les jeunes hommes du village l’aimaient. Et tous recherchaient son amour sauf un, le fils du forgeron. Aucun ne connaissait son prénom. Elle n’avait d’yeux que pour le seul qui n’était pas perdu en contemplation devant elle mais qui la fuyait. Il se réfugiait derrière son enclume et battait le fer chaud. C’était Lucellus, le fils du forgeron, qui aidait son père toute la journée durant. Il était taillé dans un roc. Le maniement du marteau sur l’enclume depuis son plus jeune âge lui avait donné une musculature fort développée. En opposition à son corps, les traits de son visage étaient très fins, presque féminins. Ses cheveux étaient de la couleur du soleil et descendaient en une longue tresse en dessous de ses omoplates. Ses yeux avaient la couleur et l’éclat d’une émeraude. Il était d’une timidité maladive et son âme était généreuse. Ses talents de forgeron avaient dépassé ceux de son père depuis longtemps mais il ne voulait pas des honneurs et les lui laissait.
Lucellus passait ses nuits à rêvasser de la fille du boucher mais était bien incapable de lui montrer au grand jour. Une nuit, il eut l’idée de lui forger une rose en fer. Il y travailla dès qu’il avait un peu de temps libre. Il y mit tout son amour. Il obtint une rose en fer d’une telle beauté qu’elle ternissait la splendeur de ces fleurs. Il la portait sur lui, ne sachant comment lui donner. Il semblait ne plus dormir tant ses yeux étaient cernés. Il se rendait malade tant il était devant un dilemme.
La fille du boucher s’appelait Lyssandre et restait cloîtré dans sa chambre et passait ses journées à regarder par sa fenêtre. Un matin, au lever du jour, un objet reflétait le soleil et le renvoyait sur le visage de Lyssandre, la sortant de son sommeil. Intriguée, elle se leva, enfila une robe de chambre et s’approcha de la fenêtre. Elle l’ouvrit et découvrit la rose en fer qu’avait forgé Lucellus. Il l’avait déposé sur le rebord de la fenêtre pendant la nuit au prix d’efforts et de prises de risques pour atteindre l’étage ou était la chambre de Lyssandre. Elle sut que ce cadeau venait de Lucellus car qui d’autre que lui aurait pu forger une aussi belle rose. Elle était folle de joie de savoir qu’il l’aimait. La journée commençait fort bien pour elle.
A la forge, Lucellus apprit d’un habitant du village voisin que les soldats du roi étaient en chemin et arriveraient d’ici deux heures pour embarquer la plus belle fille du village. Cette fille ne pourrait être que Lyssandre, la fille du boucher, celle qu’il aimait. Mais comment pourrait-il les empêcher de l’emporter avec eux. Il devait la prévenir par n’importe quel moyen. Il quitta la forge en courant, son marteau à la main. Il bousculait tout le monde sur son passage et courait vers la demeure du boucher à l’autre bout du village, aucunement ralenti par son imposant marteau de forgeron. Il parvint enfin à destination et entra dans la boucherie. Il s’adressa au père de Lyssandre, à peine essoufflé par sa course, son marteau dans les mains.
- Monsieur, les soldats du roi arrivent ici. Ils viennent chercher votre fille. Vous devez la leur cacher. Ils ne doivent pas la prendre.
Le boucher regardait Lucellus en fronçant les sourcils. Il était honoré que l’on vienne chercher sa fille pour l’amener auprès du roi. Il ne comptait pas les en empêcher mais plutôt leur réserver un bon accueil.
- Ecoute gamin, pourquoi devrais-je refuser un tel honneur ? Un père ne peut rêver meilleur mariage pour sa fille qu’avec un roi. J’espère bien que son altesse Tanas fera de ma fille sa femme. Retourne à ta forge et laisse moi en paix.
Lucellus reçut ces paroles de plein fouet et en resta abasourdi. Il devait agir pour empêcher qu’ils n’emportent la fille du boucher. Il s’arma de tout son courage. Ses joues se dardaient à l’avance de rouge tant ce qu’il allait dire lui était difficile et gênant.
- Mais monsieur, j’aime votre fille. Je veux la prendre pour épouse et la couvrir de bonheur.
Le boucher éclata de rire à la face de Lucellus. Il se moquait bien des sentiments du jeune homme. Il ne changerait d’avis pour rien au monde. Il se voyait déjà aux festivités du mariage entre le roi et sa fille.
- Je n’en ai que faire de tes sentiments à l’égard de ma fille. Ton amour ne vaut rien face à un mariage entre ma douce Lyssandre et le roi Tanas. Va-t-en avant que je ne me décide à t’y aider par la force.
Joignant le geste à la parole, il brandissait au dessus de sa tête son couteau. Lucellus préféra sortir de la boucherie et se retrouva face aux soldats du roi qui venaient d’arriver. Le sergent qui commandait la troupe lui ordonna de s’écarter. Le jeune forgeron, pour toute réponse, lui envoya son marteau de toutes ses forces au visage, lui écrasant les os dans un craquement écoeurant. Le corps sans vie du sergent s’affala sur le sol dans un tintement de métal funèbre. Les soldats s’approchèrent de Lucellus avec un regard haineux. Le jeune homme faisait tournoyer son marteau au dessus de sa tête et frappait du haut vers le bas en direction des soldats. Il en envoya plusieurs au tapis avant qu’une lance ne se plante dans son ventre. Il lâcha son marteau et tomba à terre, les mains sur sa plaie d’où s’échappait en un torrent son sang. Les soldats l’enjambèrent et entrèrent dans la boucherie. Ils en ressortirent quelques minutes plus tard accompagnés de Lyssandre qui tenait précieusement la rose en fer. Ils quittèrent la ville alors qu’elle pleurait à chaudes larmes depuis qu’elle avait vu le corps ensanglanté de Lucellus devant la boucherie. Les soldats avaient emporté les corps sans vie des leurs que le forgeron avait tué. Le père de Lucellus, averti par un des villageois, vint chercher son fils qui avait déjà perdu beaucoup de sang et l’emmena chez eux pour l’y soigner. Il ne restait plus qu’une mare de sang devant la boucherie comme seul signe de l’altercation. Les villageois avaient déserté les rues sur le passage du forgeron portant son fils inanimé et blessé dans ses bras.
Publié le 24/10/2008 à 12:00 par blackangel822002
Juste après le lever du soleil, alors que commençaient à peine à se lever les gens, deux anges assis sur le toit de l’église discutaient. L’un des deux était vêtu d’une bure noire et avait de majestueuses ailes aux couleurs de la nuit. Ses yeux avaient un éclat terni par les morts qu’il avait vu. Sa peau était d’une blancheur extrême. Il paraissait triste jusque dans le ton de sa voix. L’autre ange avait le visage resplendissant. Ses yeux étaient pleins de joie et d’amour. Sa bure et ses ailes étaient d’un blanc parfaitement pur. L’ange blanc buvait les mots de celui qui était le funeste messager Aymé. Il ressentait un pincement au cœur aux paroles prononcées par Aymé. L’ange de la mort était lassé de sa tâche et souffrait un peu plus à chaque âme qu’il guidait. Il regrettait d’être le funeste messager. Les larmes le submergèrent et coulèrent à flots. L’ange blanc tentait tant bien que mal de l’apaiser et de le réconforter. En vain, ses paroles étaient maladroites et ne faisaient qu’agrandir encore la peine d’Aymé. Ce dernier ressassait de sombres idées qu’il souhaitait réaliser. Il abandonna l’ange blanc, appelé par sa triste besogne.
Il traversa la douce lumière qui ne lui était plus d’aucun réconfort. Il se trouvait dans une chambre d’hôpital. Dans un grand lit, au milieu de la pièce, un jeune garçon rendait son dernier soupir à l’âge de 5 ans. Les appareils auxquels il était relié sonnaient d’un long bip continu. Des bruits de pas précipités approchaient de la chambre. Le petit garçon se redressa sur son lit et fixa d’un regard interrogatif Aymé. Celui-ci pleurait à chaudes larmes de découvrir que c’était un enfant qu’il devait guider. Le jeune garçon lui adressa la parole d’une voix craintive.
- Excusez moi monsieur tout noir. Pourquoi vous êtes ici ? Vous venez jouer avec moi ?
Aymé esquissa un faible sourire qui avait tout d’une grimace. Il cherchait ses mots pour répondre.
- Mon petit, je suis ici pour t’emmener avec moi. Je jouerais avec toi quand nous serons arrivés où je dois t’amener.
Le funeste messager retenait au mieux ses larmes. Il lui était insupportable de devoir guider un si jeune enfant. Si seulement il pouvait connaître un moyen d’éviter cela. Il abandonnerait tout pour ça. Il eut une idée et voulut l’appliquer sachant que le prix à payer serait immense. Il fixa le garçon et lui posa une question.
- Tu veux rester avec tes parents et jouer avec eux ? Tu veux ne plus avoir mal ?
L’enfant regardait l’ange noir avec les yeux brillant de bonheur. Il fit un signe affirmatif de la tête.
- Je pourrais sortir de l’hôpital ? Ca ne sent pas bon ici et mes parents me manquent.
L’ange lui fit signe que oui de la tête et lui fit un sourire triste. Il le fit se rallonger dans son corps et ses larmes coulaient et baignaient le visage du jeune garçon. Il colla son visage à celui de l’enfant et usa de sa volonté et de son pouvoir pour transmettre de sa vie, de son essence à cet être chétif. Il lui donna tant que l’essence divine en lui s’éteignit. Il n’était plus un ange. Il s’était sacrifié pour le garçon. Il avait échangé son immortalité contre la vie de l’enfant. Il avait perdu ses ailes et son aura. Il ne lui restait que ses souvenirs, son chagrin et sa bure noire de son passé de funeste messager. Le jeune garçon revint à la vie, guéri de tous ses maux, plein d’une intense énergie. Il ouvrit ses yeux et découvrit Aymé qui se tenait penché au dessus de lui. Il le regardait fixement.
- Vous étiez dans mon rêve. J’étais mort et vous veniez me chercher. Vous étiez un ange tout noir. Il était triste mon rêve. Vous pleuriez.
Aymé esquissa une grimace. Il avait espéré que l’enfant ne se souvienne de rien. Il lui caressa affectueusement la joue.
- Ce n’était qu’un mauvais rêve. N’aie pas peur, c’est fini. Tu vas bientôt quitter l’hôpital. Tes parents et toi serez heureux.
La porte s’ouvrit en grand sur les infirmières qui découvrirent le garçon assis sur son lit. Elles virent Aymé qui discutait avec l’enfant. Elles le chassèrent car il n’était pas encore l’heure des visites. Aymé les regarda un instant puis tourna de nouveau la tête vers le jeune garçon.
- Mon petit, je te souhaite une longue vie pleine de joies. Je te dis adieu.
Il franchit la porte et disparut dans le couloir sans que l’enfant n’ait le temps de lui répondre. Il avançait les yeux lâchant des torrents de larmes sous le poids de la tristesse qui ne s’était pas envolée avec son essence divine. Elle lui était bien plus difficile à supporter maintenant. Il revoyait les visages de tout ceux qu’il avait guidé. C’était un bien trop gros fardeau pour ses épaules. Il lui fallait trouver un moyen de s’en libérer. Ne plus ressentir toute cette peine, c’était là son souhait. Il quitta l’hôpital après avoir troqué sa bure noire contre un jeans bleu et un pull noir. Il s’éloigna d’un pas lent, rentrant la tête dans les épaules.
Il sombra dans l’alcool, volant pour boire. Il essayait de noyer sa douleur dans l’ivresse mais cela ne faisait que l’accroître. Il se sentait perdu dans ce monde qu’il ne connaissait pas. Il errait la tête pleine des visages des morts et devenait fou. Il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il passait ses nuits à pleurer toutes les larmes de son corps. Sa déchéance atteignit son paroxysme lorsqu’il se retrouva à se droguer avec les junkies de la ville. Seulement lorsqu’il était défoncé, il trouvait la paix pour un temps. Avant que ne revienne la tristesse et les visages quand les effets de la drogue se dissipaient. Sa vie était un enfer et la mort lui semblait la seule échappatoire. Il lui tendait les bras en commettant les pires excès d’alcool et de drogue mais sans qu’elle ne l’emporte de l’autre côté. Il était complètement désespéré. Il s’allongea dans une ruelle sombre et se laissa engloutir par le chagrin aussi fort était-il. Les journées passèrent ainsi jusqu’à ce qu’il se décide à se relever et il s’en alla, marchant misérablement.
Les étoiles brillaient haut dans le ciel sans lune. Le vent soufflait contre les volets clos des maisons. La nature était endormie. Pas un seul animal, pas un seul homme n’osait aller contre le cycle du sommeil. Tous dormaient à poings fermés. Toutes les créatures vivantes ? Non, pas toutes ! Une âme solitaire errait dans le froid mordant de l’hiver. C’était un ange déchu qui avait perdu ses ailes, ses pouvoirs, et son immortalité. Il était uniquement vêtu d’un pantalon en jeans bleu, aux genoux troués, et d’un pull noir. Il ne portait ni chaussures, ni chaussettes, ni gants, ni manteau. Il allait pieds nus, dévoré par les assauts glaciaux du vent. Ses pieds avaient une teinte bleue, congelés. Il ne les sentait plus, comme ses mains. Il avait les bras croisés et se les frottait, tentant de se réchauffer comme il pouvait. Il ne pourrait survivre ainsi pendant longtemps. Le froid le tuerait bien assez vite. Il lui fallait trouver un abri au sec et suffisamment chaud pour qu’il n’ait plus autant froid. Il tournait au hasard des rues. Ses pas le menaient vers l’église qui restait toujours ouverte aux nécessiteux en hiver.
Il s’arrêta sur le parvis. Il avait les yeux embués de larmes par les souvenirs de sa vie passée. Il était le funeste messager. Dieu l’avait nommé Aymé. Il avait guidé tant d’âmes, coulant sous le poids du chagrin. Il n’avait pas été assez fort, la tristesse avait eu raison de lui. Il avait abandonné ce qu’il était pour sauver un enfant. Il était devenu un homme parmi tant d’autres. La réalité le rattrapa bien assez vite et il découvrit que l’argent dictait toute chose. Malheureusement pour lui, il n’en avait pas et il se retrouva rapidement rejeté parmi les rebuts de la société. Il n’était rien, c’était là tout ce que son sacrifice lui avait rapporté.
Il entra dans l’église et y trouva un homme sans âge, assis sur un banc. Cet homme tourna la tête vers lui et là, il reconnut ce visage. C’était celui de Dieu, tel qu’il l’avait vu la première fois. Et dans ses yeux, il n’y voyait que tristesse. Aucune trace de mécontentement voire de colère. Il était peiné de sentir l’océan de douleur qui emplissait l’âme et le cœur d’Aymé. Il lui fit signe de le rejoindre et de s’asseoir à ses côtés. L’ancien ange vint donc s’installer près de lui, n’osant dire un mot. Dieu rompit le silence et s’adressa à lui.
- Mon cher enfant, quelle tristesse je ressens en toi. Tu l’as laissé te submerger et te détruire. Si tu savais combien cela m’a peiné que tu agisses à l’encontre de ce qui aurait dû être. Tu y as perdu ton statut d’ange et tu vis dans la misère depuis. Pourtant, je ne t’ai jamais entendu pester contre ton sort. Tu l’as accepté sans mot dire et tu as alourdi ton fardeau. Tes pas t’ont guidé à moi pour que je t’offre une seconde chance. Je me sens fautif pour tes choix. Mais quel acte généreux tu as accompli au détriment de ta condition. Par conséquent, je te demande de reprendre ta place, ton rôle et de te fermer à ces émotions qui t’envahissent.
Aymé restait le visage fermé face aux paroles de Dieu. Il ne connaissait que trop bien la valeur de son acte et n’était pas dupe face à son incapacité à ne rien ressentir. Il ne pouvait reprendre son rôle et connaître à nouveau ces tortures de l’âme.
- Mon père, vos paroles sont douces et bienveillantes. Pourtant, je ne sais que trop bien que ma place ne soit plus à vos côtés. J’y ai perdu mon statut d’ange mais mon âme a été meurtrie si profondément par ma mission. Je ne veux pas de votre cadeau empoisonné. Retrouver une immortalité de tristesse, c’est bien au-dessus de mes forces. Je préfère la lâcheté de la fuite et le caractère éphémère d’une vie mortelle. Ma vie touche à sa fin car ma douleur a atteint son paroxysme. Je vous dis donc adieu.
Aymé se leva et se dirigea vers l’autel. Il se saisit d’un cierge allumé, bouta le feu à la nappe et s’allongea dans les flammes. Le feu l’engloutit et ses cris de douleurs résonnaient dans l’église. Dieu pleurait à chaudes larmes. Il ne pouvait supporter de voir ses enfants mourir sous ses yeux. Aymé avait laissé sa place à un tas de cendres. Son âme s’était envolée et avait quitté ce monde qui l’avait tant fait souffrir. Dieu était à genou devant l’autel et plongeait ses mains dans les flammes, les posant dans les restes d’Aymé.
- Mon fils, ce monde n’était pas fait pour toi. Tu laisses mon cœur dévasté par le chagrin. Tu as trouvé la paix. Adieu mon enfant.
Une larme tomba sur le sol dans un bruit qui se répercuta sur les murs de l’église. Lorsque le bruit cessa, les flammes s’étaient éteintes et Dieu avait disparu, tout comme les cendres d’Aymé.
Publié le 01/10/2008 à 12:00 par blackangel822002
Le soleil a depuis longtemps cédé place à la nuit
Et pourtant le sommeil que l’on désire nous fuit
Et nous tournons et valsons dans le confort du lit
Sans sombrer dans ce que l’on désire et qui nous défit
Instant de solitude face à notre bon oreiller
Qui sur notre sommeil déjà devrait veiller
Mais nous laisse ainsi face au temps qui défile
Dans un tic-tac qui rie de nous et nous horripile
Nuit obscure où l’on se morfond allongé
Cherchant le sommeil où l’on voudrait plonger
Et d’allégresse rêver et sourire aux anges
Mais n’y parvenant tant les bruits nous dérangent
Tu nous ronges et nous tue petit à petit
Jusqu’à ce que nous tombions le visage déconfit
Nos journées gâchées par ses sombres insomnies
Nous voudrions dormir pour un temps infini
Publié le 01/10/2008 à 12:00 par blackangel822002
Le temps a marqué ses années sur mon corps
Maintenant je désire plus que tout la mort
Qu’elle vienne et se saisisse de mon âme
Qu’elle m’offre la joie de retrouver ma femme
L’heure est venue pour moi de quitter cette rive
Rien ne devra vous attrister quoi qu’il arrive
Le souvenir des jours heureux devra vous guider
Vers les personnes qui pourront vous aider
Mes yeux se voilent du linceul de ma mort
Je laisse mon cœur s’arrêter sans effort
Je quitte mon corps pour suivre le messager
Qui à travers la lumière me fera voyager
Ne vous effondrez pas sous le poids du chagrin
Je suis arrivé au bout de ce dur chemin
Réjouissez-vous car ainsi est faite notre vie
Et sans douleur ni peur fut ma douce agonie.
Publié le 30/09/2008 à 12:00 par blackangel822002
Au plein cœur de la nuit, dans une ville endormie, par un soir sans lune, une faible lueur émanait de l’église à travers ses vitraux et l’entrebâillement de la porte. Un faible murmure résonnait à l’intérieur. Un homme, tout de noir vêtu, était agenouillé devant l’autel. Il y avait allumé de nombreux cierges. Ses yeux étaient fermés. Il priait avec dévotion. Il demandait la rédemption à Dieu. Sa peau était étrangement blanche comme si ses veines étaient vides de sang. Ses cheveux avaient été brossés et pendaient jusqu’à ses omoplates. Sa bouche était fine et ses dents parfaitement blanches. Mais ses canines étaient bien plus longues qu’à la normale. Sa peau n’avait aucune imperfection, pas même une ride d’expression. Il ne pouvait être un homme normal, c’était impossible.
Il ouvrit les yeux et releva la tête. Il contemplait une représentation d’un ange. Cette vue l’émouvait profondément. Il se laissa aller à verser quelques larmes. Celles-ci étaient de sang et leur couleur rouge tranchait avec la blancheur de sa peau. Elles tombèrent sur le sol froid et éclaboussèrent la nappe de l’autel. Il se signa puis se releva. Il porta son attention sur le christ crucifié fixé au mur du fond. Il s’en approcha silencieusement.Il posa sa main sur la joue de Jésus et la caressa. Il était empli de chagrin à cette image du christ sacrifié. Il se maudissait d’avoir bu ce sang qui fit de lui cet être damné. Le premier vampire maudit pour l’éternité aux ténèbres.
L’éternité était un trop grand fardeau pour ses frêles épaules. Il implorait la pitié de Dieu. Il ne voulait plus de cette existence. Il voulait revoir le soleil. Il avait vu trop d’horreurs en moins de deux millénaires. Il n’avait jamais tué pour se nourrir, pas même les criminels dont il prenait quelques gorgés de sang. Il avait vécu en respectant les paroles d’amour de Jésus. Il se pensait en droit d’obtenir grâce de la part de Dieu.
Ce soir là, ses prières ne furent pas veines. Dieu les entendit. Une lumière surgit de nulle part et illumina le visage du christ crucifié. Le vampire ressentit une présence divine. Il pleurait de joie. Une voix grave et douce s’adressa à lui.
- Mon enfant, j’ai entendu tes prières. Je t’écoute. Explique toi sur ta demande. Sois bref !
L’homme s’était agenouillé. Il était face contre terre tant il était intimidé. Il était paralysé. Il devait se ressaisir et parler. Il ne pouvait laisser passer cette chance. Il prit une profonde inspiration.
- Pardonnez-moi Seigneur ! Je vous remercie de m’accorder cette opportunité. Je vous demande de lever la malédiction qui pèse sur moi. Je suis las des ténèbres. Je n’ai que trop vu de morts. Des personnes que j’ai aimées. J’ai suivi le message de votre fils, même dans la damnation. Jugez mon âme. Je vous en supplie, mettez fin à mon calvaire.
Le vampire se têt et restait courbé vers le sol. Dieu jaugea l’âme de l’homme. Il soupesait tous ses actes, du plus récent au plus ancien. En dernier, il revit l’homme boire le sang de Jésus. Il comprit que seul l’espoir de guérison l’avait poussé à agir ainsi. Il savait maintenant qu’il avait été injuste dans sa sanction. Il était aveuglé par la douleur de la mort de son fils en cet instant. Il fit se redresser le vampire. Celui-ci regardait avec béatitude la lumière et attendait le verdict. Dieu lui répondit après mûre réflexion.
- J’ai pesé tes actes sur la balance du jugement. Le verdict est sans appel. Ton âme est pure. Tu ne l’as pas assombri malgré ton injuste damnation. Je reconnais mon erreur. Ainsi pour la réparer, j’ai une proposition à te faire. Tu ne pourras que l’accepter ou rester damné pour l’éternité. Es-tu prêt à l’entendre ?
Le vampire était plein d’allégresse après les paroles de Dieu. Il était prêt à tout accepter tant qu’il pouvait revoir le soleil. Il répondit à la question de Dieu d’un signe de tête affirmatif. Il était toute ouï à ce qu’il allait entendre.
- Veux-tu être un de mes anges ? Ton âme et ton cœur sont purs. Tu as fait preuve d’une grande résistance face aux horreurs que tu as vu. Tu serais capable de guider les âmes des morts de l’autre côté. Tu leur feras traverser la lumière.
Les yeux du vampire brillaient d’une joie qu’il ne pouvait dissimuler. Rien ne pouvait être pire à ses yeux que les deux millénaires de damnation et de ténèbres qu’il avait vécu. Dieu le regardait et attendait sa réponse patiemment. Le vampire s’adressa à lui. Dans sa voix, on percevait son émotion.
- Je ne peux refuser cette proposition. Cela fait presque deux mille ans que je souhaite retrouver la lumière. C’est une immense joie pour moi, un tel honneur. Je serai ce guide des âmes mortes, un de vos anges.
Le vampire était si heureux d’accepter cette proposition. Il avait si hâte d’être baigné par la lumière. Il allait enfin échapper aux ténèbres, à sa solitude. Il serait entouré de frères aimants et plein de sagesse, les anges. Dieu souriait à sa réponse. Il était inquiet néanmoins quant à la résistance du vampire. Il se devait de le baptiser de son nouveau nom.
- Bien qu’il en soit ainsi. Tu seras désormais le funeste messager. Ton nom sera Virgo car tu as su gardé la pureté qui est tienne.
A ces mots, Virgo ressentit une intense chaleur s’emparer de lui. Son corps de vampire laissait place à un corps d’ange aux majestueuses ailes noires. Il était vêtu d’une bure noire dont la capuche était rabattue sur sa tête. Son cœur était joyeux et battait à belle allure. Il était baigné d’une douce lumière intérieure. C’était là l’habit qu’avait revêtu son âme. Dieu lui apparut tel qu’il était. Il le prit dans ses bras, le serrant comme un père avec son enfant. Il lui murmura quelques paroles à l’oreille.
- Mon fils, Virgo, sois fort face au chagrin. N’y ferme pas entièrement ton cœur et ton âme. Mais que ça ne soit que compassion. Ne te laisse pas ronger par la tristesse car celle-ci fut la cause de l’anéantissement de tes prédécesseurs. Va maintenant et ne laisse pas les morts seuls. Ne les fait pas attendre.
Virgo regarda Dieu dans les yeux et y vit des larmes. Ces larmes étaient dues à la perte de ses fils. Virgo ancra dans son esprit les mots qu’il venait d’entendre. Une douce lumière était apparue à leurs côtés. Il s’écarta de Dieu et lui sourit. Virgo la contemplait avec émerveillement.
- Seigneur, vos paroles sont pleines de bonté. Je me parerais au mieux pour ne pas me laisser détruire par la tristesse. Je serais compassion pour les morts. Je me dois maintenant de vaquer à la mission qui est mienne.
Virgo s’avança dans la lumière et disparut de l’église. Il était parti guider les morts. Dieu regardait la lumière qui s’effaçait maintenant que Virgo l’avait traversée. Il essuya ses larmes et quitta l’église. Il prononça quelques mots en disparaissant.
- Mes chers enfants disparus, veillez sur lui. Je ne veux plus perdre un autre de mes anges.
L’église était vide. Les flammes des bougies dansaient et projetaient des ombres sur les murs de pierre. La ville continuait de dormir. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui venait d’avoir lieu. Elle avait perdu un de ses habitants qui était parti par delà la lumière qu’il avait tant désiré.
Publié le 25/09/2008 à 12:00 par blackangel822002
Sous un ciel sombre, où les nuages masquaient les étoiles et la lune aux regards même les plus perçants, une ombre avançait silencieusement. Ses pas la conduisaient vers le cimetière jouxtant l’église paroissiale. Quelle était donc cette ombre parmi les ténèbres ? Elle s’était arrêtée devant le portail qui barrait l’accès aux tombes. Elle regardait attentivement en direction d’une tombe à l’abandon où les fleurs de naguère avaient cédé la place aux mauvaises herbes. La mousse avait recouvert l’éclat froid du marbre et masquait ce qui y était gravé. L’ombre passa par-dessus le mur et vint s’agenouiller devant la tombe qu’elle fixait l’instant auparavant. Elle semblait en recueillement, la tête penchée en avant, les mains posées sur la pierre tombale. Les nuages s’écartèrent un bref instant pour laisser la lune jeter sa pâle lumière sur l’ombre qui était un jeune homme. Il avait les yeux larmoyants et ses lèvres bougeaient lentement. Que pouvait-il murmurer ainsi ?
Sur ces faits, une silhouette féminine se dressa à côté du jeune homme, regardant avec mépris la tombe. Elle attrapa l’homme par les bras et le fit se relever. Elle le tourna face à elle puis, sans une parole, lui adressa une violente gifle dont le claquement rompit le silence. La jeune femme était folle de rage et lançait des éclairs de son regard au jeune homme qui se tenait la joue.
- Arturus, ne t’ai-je donc pas dit un millier de fois de ne pas venir te recueillir sur ta propre tombe.
Le jeune homme regardait la femme de ses yeux pleins de larmes sanguinolentes et son regard en disait long sur les sentiments qu’il éprouvait envers elle. Il l’aimait et la haïssait.
- Ma douce Eléonore, ne me pousse pas à renier ce que j’étais lorsque tu n’avais pas damné mon âme dans les ténèbres. Je pleure sur le brillant avenir qui s’offrait à moi, doux rêveur que j’étais. Mes vers commençaient à être connu à travers tout le pays et ma famille, qui m’avait renié pour mes choix, était revenue vers moi.
En disant ces mots, Arturus arracha la mousse qui recouvrait son nom sur la pierre tombale et lut à haute voix ce qui y était écrit.
- Arturus Rimbaldus. 1854-1861. Jeune poète. Il a rejoint les étoiles dont il parlait si merveilleusement.
Il se tourna vers Eléonore, la colère se lisant dans ses yeux, et il l’attrapa par le cou, serrant de toutes ses forces. Elle se débattait tant bien que mal pour se libérer mais la force d’Arturus avait été décuplée par sa colère.
- Pourquoi as-tu détruit ce que j’étais ? Etais-tu obligé de m’ôter mon don en me damnant pour l’éternité ?
Elle n’arrivait plus que très difficilement à respirer tant il serrait fort et dans un faible murmure, elle lui répondit avec sincérité.
- Je te voulais à moi toute seule ainsi que ton don. Je voulais être la seule à entendre et lire tes vers. Je t’aimais et t’aime toujours autant. Pardonne-moi d’avoir été si égoïste.
Il lâcha son emprise et la serra contre son cœur. Elle pleurait à chaudes larmes et répétait les mêmes mots encore et encore.
- Pardonne-moi Arturus ! Pardonne-moi ! Pardonne-moi !
Il tentait de la réconforter, désolé de lui avoir fait du mal. Ils restèrent ainsi enlacés de longues minutes où chacun demandait à l’autre de le pardonner.
Les nuages furent chassés par un courant d’air et les étoiles se montraient dans toute leur beauté, suspendues dans la voûte stellaire avec la lune à la pâle blancheur. Arturus et Eléonore étaient toujours enlacés, devant la tombe du vampire, et ils échangeaient maintenant baisers et caresses avec tendresse. Ils offraient un spectacle surréaliste. Leur peau blême brillait étrangement sous la lumière des étoiles et de la lune. Les minutes puis les heures s’écoulèrent sans qu’ils ne disent un mot, sans que quoi que ce soit ne vienne perturber leur étreinte.
L’aube était toute proche et un signal d’alarme silencieux retentit en eux, rompant leur étreinte. Ils sentaient dans l’air la chaleur des premiers rayons qui crèveraient l’horizon d’un instant à l’autre. Ils devaient regagner leur demeure afin d’y trouver refuge pendant la journée. Ils se tenaient la main et couraient dans les rues encore désertes après avoir franchi d’un bond le mur du cimetière. Les façades des maisons défilaient à toute vitesse devant leurs yeux alors que les premiers rayons du soleil trouaient l’horizon. Ils ne se sentaient plus des chasseurs en cet instant mais des proies fuyant un prédateur impitoyable qu’était le soleil pour eux. La façade de leur demeure se dessinait devant eux alors que de la fumée s’élevait de leurs habits, de leur chair et de leurs cheveux. Arturus se plaça derrière Eléonore, lui servant de rempart contre les assauts du soleil, alors qu’ils franchissaient les cent derniers mètres. Les flammes léchaient maintenant le dos d’Arturus et ils pénétraient enfin dans leur refuge. Eléonore criait de terreur devant le dos enflammé du vampire qui se roula par terre pour éteindre les flammes. La douleur était insupportable tant les flammes avaient creusé sa chair. Elle s’approcha de lui, s’entailla le poignet puis versa son sang sur le dos d’Arturus. Ses brûlures guérirent de façon quasi instantanée, ne laissant qu’une peau légèrement rapeuse. Ils se regardaient dans les yeux, leur regard remerciant l’autre de ce qu’il venait de faire, sans qu’aucun mot ne soit dit. Ils se vouaient un si grand amour entaché par la rancœur d’Arturus. Ce fut ce dernier qui le premier brisa le silence.
- Etait-ce la folie qui m’a poussé à braver le soleil en te protégeant ainsi de ses rayons ? Pourquoi n’ai-je point laissé les flammes te lécher pour t’infliger une punition contre ton égoïsme ? Même la mort ne m’a apporté la postérité ou la reconnaissance de mon talent par mes pairs. Ils m’ont tous oublié. Pas une seule personne en ce monde ne se rappelle mes vers ni même mon nom. Tout ceci, je te le dois et je réclame réparation.
Elle le regardait, profondément blessée par ses paroles, horrifiée à l’idée qu’il puisse vouloir sa mort. C’en était trop pour elle. Elle devait lui révéler la vérité. Elle sortit des feuilles de papier jaunies par le temps mais en parfait état. Elle se mit à lire à voix haute.
- Ô si belles étoiles perchées dans l’obscurité sans fin. De votre éclat, guidez mon âme et mon destin. Pour que par mes mots, j’égale votre beauté. Et que mon nom, jamais, ne soit oublié. Offrez moi l’éternité ou que je sois damné. Si tel est tout ce que vous voulez.
Arturus, fou de rage, arracha les feuilles des mains d’Eléonore et découvrit son écriture sur chacune d’elle. C’était ses vers qu’il avait composé de son vivant et qui avait sombré dans l’oubli, tout comme lui, à sa mort. C’était donc elle qui les avait dérobé lorsqu’elle l’avait damné par le sang ténébreux.
- Ainsi donc, je comprend mieux pourquoi j’ai sombré dans l’oubli. Tu m’y as jeté par tes actes. Et tu oses prétendre m’aimer ? En me privant de la gloire qui aurait dû être mienne. Va au diable et que je ne te revois plus jamais. Ma haine pour toi a dépassé l’amour que je te vouais. Jamais plus nos chemins ne devront se croiser ou l’un de nous deux sera anéanti.
Sur ces mots, si durs, il s’enveloppa dans de amples vêtements et cacha son visage sous une capuche. Il ouvrit la porte et disparut en emportant avec lui ses poèmes. Elle le regardait, les yeux débordants de larmes, et se sentait abattu par ce qu’Arturus lui avait dit.
- Pourquoi tant de haine mon amour ? Ne peux-tu donc comprendre que je t’aime au point de ne pouvoir me résigner à te partager avec le monde entier ? Reviendras-tu sur tes pas et me pardonneras-tu ? Viendras-tu accomplir ta sombre menace.
Elle pleurait maintenant de tout son être, regardant la porte restée grande ouverte, laissant pénétrer la lumière mortelle du soleil en ces lieux. Elle referma la porte en se brûlant les mains. Elle n’avait plus que faire de la douleur physique, son cœur souffrant le martyr.